«Non Pascal, pas toi!»: lettre ouverte à notre ami Pascal Canfin.

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Par , 2 avril 2019 18 h 01 min

Les eurodéputés Sven Giegold et Philippe Lamberts interpellent leur ex-collègue Pascal Canfin, dont ils vivent le ralliement à E. Macron comme «un coup de poignard dans le dos». Ils refusent que le rôle des écologistes consiste «à se diluer au sein de ces familles politiques qui portent la défense d’un système construit sur l’exploitation de la planète et la mise en compétition destructive des humains»

Rappelle-toi, c’était il y a dix ans, dans le sillage de la crise financière mondiale : tous les trois, nous faisions notre entrée au Parlement Européen. Une conception commune de l’écologie politique nous rassemblait : au confort de la critique, nous préférions nous retrousser les manches pour agir au cœur de la machine. Notre force de travail et de conviction ainsi que notre appartenance à un groupe politique compact mais cohérent nous ont permis d’obtenir des résultats que notre seul poids numérique mettait hors de portée : limitation des bonus des banquiers, protection des consommateurs dans le secteur financier, reporting pays-par-pays pour les banques, limitation des ventes à découvert…

C’est dire si nous avons vécu l’annonce de ton ralliement à Emmanuel Macron comme un coup de poignard dans le dos, un renoncement aux combats que nous avons menés ensemble dans le passé. Cela nous a d’autant plus surpris que, de nos contacts récents, il ressortait que l’heure de ton retour en politique n’était pas encore venue et qu’en aucun cas elle ne prendrait pas la forme de ce ralliement. S’il est un appel que nous aurions attendu te voir rejoindre, c’est bien celui lancé par Nicolas Hulot et Laurent Berger autour d’un pacte social et écologique.

Membres de partis écologistes qui s’emploient à convaincre près d’un électeur sur cinq dans nos pays respectifs, nous nous réjouissons comme toi de la progression nette du sens de l’urgence de la transition écologique et solidaire dans l’opinion publique… et par ricochet, au sein d’autres familles politiques que la nôtre. Mais nous ne croyons pas que le rôle des écologistes consiste à se diluer au sein de ces familles politiques qui ont porté – et portent largement encore – la défense d’un système construit sur l’exploitation de la planète et la mise en compétition destructive des humains les uns avec les autres.

Tu évoques la menace national-populiste parmi les raisons de ton ralliement. Autant l’argument est recevable dans le contexte de l’élection présidentielle autant il ne se justifie nullement dans celui d’une élection à la proportionnelle. À rebours de la bipolarisation désirée autant par E. Macron que par les nationaux-populistes, notre conviction est que le rassemblement de tous les convaincus de la nécessité du projet européen est le meilleur moyen de l’affaiblir. Il accrédite la thèse que la seule version possible du projet européen est celle qui en fait l’instrument de la mondialisation néo-libérale, nourrissant ainsi son rejet. Les Verts européens n’ont pas attendu E. Macron pour s’engager résolument en faveur du projet européen ; mais l’Europe que nous défendons est celle de la transition écologique, solidaire et démocratique.

Tu nous diras peut-être que c’est aussi celle d’E. Macron. L’histoire que raconte son action en France n’accrédite en rien cette thèse.

L’homme que tu rallies applique en France les recettes les plus éculées du néo-libéralisme : réformes fiscales favorables aux plus riches (plus souvent rentiers qu’investisseurs) et aux grandes entreprises ; flexibilisation du marché du travail ; vente des actifs publics ; traités de libre-échange (rendez-vous lors du vote de ratification du CETA pour le vérifier tandis que contrairement à ce que tu affirmes, la France soutient pour l’instant le mandat de négociation avec les US). Et il parle à présent de réduire l’indemnisation du chômage ou de reculer l’âge légal de la retraite, dans un contexte où des millions de personnes motivées ne peuvent trouver d’emploi. Ces politiques sont parmi les moteurs les plus puissants de l’augmentation des inégalités. Elles inscrivent à rebours de celles que tu défendais avec nous.

C’est aussi le cas sur le front de la régulation financière : l’homme que tu rallies s’en tient à la position traditionnelle de Paris consistant à défendre les intérêts des grandes banques systémiques françaises. Il s’oppose à toute réforme structurelle du secteur, s’est employé à affaiblir les règles de résolution bancaire et offre à présent des traitements de faveur aux traders londoniens pour qu’ils viennent à Paris. Il s’est aussi systématiquement opposé à une taxe sur les transactions financières, pour laquelle nous avons combattu avec succès au Parlement Européen. Ce Président que tu rejoins aujourd’hui porte une large part de responsabilité dans l’échec de ce projet

Au-delà d’un discours empreint d’humanisme, l’homme que tu rallies aborde le défi de l’asile et des migrations comme une menace à contrer. En témoignent une loi sur le sujet dont l’objet est essentiellement de réprimer, d’enfermer et par là même de dissuader mais aussi son opposition radicale au dépassement de la règle de Dublin, pourtant votée à une majorité des 2/3 par le Parlement Européen. Et si cela ne suffisait pas à te convaincre, pense au limogeage récent de Pascal Brice à la tête de l’OFPRA, car sa vision humaniste de l’asile n’était pas assez alignée sur le tout-répressif voulu par Beauveau.

L’homme que tu rallies n’hésite pas à ménager certains des régimes les plus répressifs de la planète – Égypte, Arabie Saoudite ou encore la Chine, au motif qu’ils sont d’excellents clients de l’industrie aérospatiale et de défense française. À domicile, il n’hésite pas à brider les libertés publiques : intégration des dispositions les plus liberticides de l’état d’urgence dans le droit ordinaire, loi anti-casseurs… Il ordonne à sa police de tirer des dizaines de milliers de grenades et autres balles de défense sur des manifestants dont l’immense majorité ont pour seul tort de contester l’injustice et la destruction de la nature en défilant ou en recourant à la désobéissance civile non-violente. Tu le sais, aucun d’entre-nous ne cautionne la violence comme moyen d’action politique ; mais nous ne pouvons que rejoindre le défenseur des droits Jacques Toubon dans la mise en cause de ces graves dérives.

L’homme que tu rallies affiche un mépris récurrent pour les petites gens, pour celles et ceux qui « ne réussissent pas ». Il s’emploie à marginaliser tous les corps intermédiaires, pourtant indispensables à une prise de décision politique équilibrée et durable. Au contraire, il invite jusqu’à l’Elysée, cœur du pouvoir, les lobbyistes. À rebours de l’horizontalité revendiquée pendant sa campagne, il gouverne son parti et son pays dans une verticalité totale. Il semble incapable d’accepter qu’il ne détient pas seul, la solution à tous les défis de notre temps. Quant à la démocratie européenne, nous observons qu’il veut abandonner l’avancée qu’a constitué le processus des têtes de listes européennes (spitzenkandidaten), au motif que les listes trans-nationales n’ont pas (encore) trouvé de majorité. Quand le mieux est l’ennemi du bien…

Tu nous opposeras peut-être que tout cela n’a qu’un rapport lointain avec la transition écologique et solidaire. Outre que pour nous, l’écologie politique est un projet de société holistique dont la boussole est la dignité humaine, celui que tu rallies a jusqu’ici dans la plupart des situations refusé de faire le choix résolu de la transition écologique. Parti-pris pro-nucléaire (y compris le stockage souterrain des déchets), report de l’abandon du glyphosate ou du charbon, laxisme sur les pesticides et les perturbateurs endocriniens, grands projets néfastes comme le GCO de Strasbourg sont autant de marqueurs de la présidence Macron.

Mais voilà, tu nous dis qu’il t’a donné des assurances. Lesquelles ? Que désormais, il mettrait au coeur de son action la transition écologique et solidaire ? Ne crois-tu pas qu’il ait avant toi donné de telles assurances à Nicolas Hulot, avant de les renier au quotidien et conduire ce dernier à la rupture ? Alors que ce dernier disposait – et dispose toujours – d’un capital politique considérable dans la société française, E. Macron a le plus souvent arbitré contre lui. Dis-nous de quel levier tu disposes pour réussir là où il a échoué.

Notre lecture de la situation politique en France diverge de la tienne. Il nous paraît évident que la base électorale d’E. Macron s’est déportée à droite, conséquence logique de son action depuis deux ans. Il sait que l’électorat de gauche traditionnelle l’a irrémédiablement déserté, sans pour autant se retrouver dans l’offre actuellement disponible. Il devient donc crucial pour lui de neutraliser le seul véritable adversaire qu’il lui reste dans le champ pro-européen : l’écologie politique. Pour ce faire, après le départ de Nicolas Hulot, il a désespérément besoin d’une prise de guerre pour se donner du crédit face à cet électorat. C’est ce crédit que tu as choisi de lui apporter.

Très justement, Nicolas Hulot a fait lors de son départ le diagnostic qu’il lui manquait à la fois un appui au sein du système politique – c’est à dire un groupe parlementaire – et en dehors, à savoir une puissante mobilisation publique. Au niveau européen, la mobilisation tant pour la justice sociale que pour sauver le climat est en train de se développer ; et le groupe parlementaire existe : c’est celui auquel nous appartenons. Nous aurions attendu de ta part que tu viennes le renforcer ; tu le sais, c’est bien sûr sous la pression de l’opinion publique mais aussi grâce au rapport de forces dans les institutions que nous pouvons faire bouger les lignes. Au contraire, ton choix vise à affaiblir l’écologie politique, cette aventure collective à laquelle tu dois ton parcours : sans elle, tu n’aurais jamais accédé aux responsabilités que tu as eues.

Pour justifier ton ralliement à E. Macron, tu expliques au public français que « Les Verts allemands ont salué la lettre sur l’Europe qui présente le projet européen d’Emmanuel Macron. En m’engageant sur ce projet, je ne vois pas en quoi je trahirais les idéaux qui sont les miens.». Bien sûr, nous sommes incontestablement plus proches de l’ambition que le président français affirme pour l’UE que de la réponse frileuse qui lui est donnée outre Rhin par les conservateurs et libéraux allemands. Mais la réalité est que si les Verts allemands ont salué l’audace de ces propositions, ils n’en sont pas pour autant d’accord avec toute la substance. À titre d’exemple, les Verts allemands – ou européens d’ailleurs – ne sont pas favorables à ce que des armes européennes soient exportées dans des zones de conflit ou à des régimes qui bafouent les droits humains. Au contraire, nous voulons que l’ensemble des partis politiques européens respectent des règles strictes en matière d’exportation d’armes.

Non, nous n’accueillons pas positivement l’opportunisme de ton ralliement à l’ALDE. Que vas-tu faire dans un groupe où tu siègeras aux côtés du populiste tchèque Babiš, pétri de conflits d’intérêt,ou du parti roumain ALDE, qui participe à un gouvernement qui s’en prend systématiquement à l’état de droit et protège la corruption. Que pourras-tu réaliser, écologiste isolé, au sein de ce groupe où tu côtoieras les partisans les plus résolus de la mondialisation néo-libérale, dont certains n’hésitent pas, comme Ciudadanos en Espagne, à gouverner avec le soutien de l’extrême-droite ?

Nous faisons le pari que les citoyennes et citoyens français ne s’y tromperont pas. Aux professions de foi renouvelées d’un président qui n’a plus le bénéfice du doute et aux ralliements douteux, ils préfèreront la force d’une conviction authentique et cohérente, portée collectivement. Loin de l’écologie du discours, de celle de l’accompagnement, nous sommes convaincus que l’écologie de la transformation, portée par la liste conduite par Yannick Jadot renforcera substantiellement le groupe des Verts/Alliance Libre Européenne en Europe. Il faudra compter avec nous.

Signataires :

Sven Giegold, Eurodéputé, chef de délégation de Bündnis 90/Die Grünen (Allemagne)

Philippe Lamberts, Eurodéputé Ecolo (Belgique), co-président du Groupe Verts/ALE au Parlement Européen

Landivisiau (29). Poursuivons les pollueurs, pas les défenseurs de la planète !

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Par , 11 mars 2019 18 h 10 min

Lundi 25 février 2019

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Le 20 février dernier, Damien Carême, maire de Grande-Synthe et candidat d’Europe Écologie Les Verts à l’élection européenne, a rencontré une cinquantaine d’opposant-e-s au projet de centrale à gaz de Landivisiau devant le site d’implantation prévu. L’un des participants à cette rencontre, Jean-Yves Quéméneur, Président de l’association Force 5, a été convoqué à la gendarmerie. On lui reproche «l’organisation d’une manifestation sur la voie publique sans déclaration ».

Comment peut-on prétendre favoriser la citoyenneté à coup de « grands débats » quand, dans le même temps, on s’en prend à une personne pour la simple raison qu’elle a participé à une rencontre avec un futur député européen ? Il est également reproché au Président de Force 5 de s’être opposé, le 24 janvier, à la réalisation de travaux sur le site de la centrale à gaz. Cet acharnement ne peut qu’inquiéter tou-tes ceux et celles qui sont attaché-es à l’avenir de la planète. Veut-on absolument faire passer les intérêts du groupe Total avant la lutte contre le dérèglement climatique ? EELV apporte son entier soutien à Jean-Yves Quéméneur et considère ces tentatives d’intimidation comme une atteinte aux droits démocratiques les plus élémentaires. Nous réaffirmons ici la nécessité de sortir de l’électricité d’origine fossile ou nucléaire, néfaste pour l’environnement local et le climat global.

Le Bureau exécutif d’EELV Bretagne

Landivisiau (29). Poursuivons les pollueurs, pas les défenseurs de la planète !

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Par , 2 mars 2019 16 h 58 min

20190225_104945Le 20 février dernier, Damien Carême, maire de Grande-Synthe et candidat d’Europe Écologie Les Verts à l’élection européenne, a rencontré une cinquantaine d’opposant-e-s au projet de centrale à gaz de Landivisiau devant le site d’implantation prévu. L’un des participants à cette rencontre, Jean-Yves Quéméneur, Président de l’association Force 5, a été convoqué à la gendarmerie. On lui reproche «l’organisation d’une manifestation sur la voie publique sans déclaration ».

Comment peut-on prétendre favoriser la citoyenneté à coup de « grands débats » quand, dans le même temps, on s’en prend à une personne pour la simple raison qu’elle a participé à une rencontre avec un futur député européen ? Il est également reproché au Président de Force 5 de s’être opposé, le 24 janvier, à la réalisation de travaux sur le site de la centrale à gaz. Cet acharnement ne peut qu’inquiéter tou-tes ceux et celles qui sont attaché-es à l’avenir de la planète. Veut-on absolument faire passer les intérêts du groupe Total avant la lutte contre le dérèglement climatique ? EELV apporte son entier soutien à Jean-Yves Quéméneur et considère ces tentatives d’intimidation comme une atteinte aux droits démocratiques les plus élémentaires. Nous réaffirmons ici la nécessité de sortir de l’électricité d’origine fossile ou nucléaire, néfaste pour l’environnement local et le climat global.

Le Bureau exécutif d’EELV Bretagne

Centrale de Landivisiau. Nouvelles de la ZAD.

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Par , 26 janvier 2019 15 h 47 min

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Histoire de l’enseignement mutuel à Landerneau.

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Par , 30 décembre 2017 11 h 40 min

Le texte ci-dessous est extrait de la thèse de Michel Chalopin sur L’enseignement mutuel en Bretagne de 1815 à 1850.

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Les sociétés locales Reflets plus ou moins fidèles de la Société de Paris, les sociétés locales ont joué un rôle inédit dans la propagation de l’enseignement mutuel. Bien que leur création ait été encouragée par le ministre de l’Intérieur qui y voyait un moyen de pallier les difficultés financières ou l’hostilité des municipalités, celles-ci ont surtout été l’œuvre de notables convaincus de l’importance de l’instruction du peuple et agissant de leur propre chef. Ce qui les caractérise, c’est qu’elles financent, au moins en partie, une école mutuelle. Elles détiennent également un rôle d’administration et de surveillance. Ce dernier aspect les mettra quelquefois en conflit avec les autorités locales ou universitaires. En Bretagne, on compte seulement quatre de ces sociétés, à Nantes, Landerneau, Saint-Brieuc et Guingamp. Cependant, cette dernière ne sera pas étudiée car les documents sont trop lacunaires et ne permettent pas une comparaison avec les autres.

A Landerneau, l’école des industriels.

La première évocation d’une école mutuelle à Landerneau a lieu au sein du comité cantonal que l’inspecteur d’académie, Delamarre, réunit lors de sa tournée de l’été 1817. Nul doute que la proposition d’établir une telle école est venue de ce fonctionnaire car partout où il passe, il n’a de cesse de prêcher en faveur de la nouvelle méthode. Les membres du comité, tout en accueillant favorablement le projet, le reportent cependant à des jours plus propices.

Le projet généreux d’un ingénieur des Ponts-et-Chaussées

Pourtant, quelques mois plus tard, l’idée d’introduire l’enseignement mutuel à Landerneau commence à prendre forme grâce à l’action de Jean-Sébastien Goury, notable important appartenant à une riche famille de Landerneau. Celui-ci mène alors une brillante carrière dans l’administration des Ponts-et-Chaussées après avoir fait ses études à Paris en 1796, essentiellement à l’Ecole Polytechnique. Revenu dans son Finistère natal en 1801 en tant qu’ingénieur, il y exerce jusqu’en 1818, période à laquelle il est muté dans les Vosges, puis dans d’autres départements. Il faut attendre 1834 pour voir son retour au pays breton, cette fois avec le titre de directeur. Il finira sa carrière après avoir atteint, en 1840, le grade d’inspecteur général. Parallèlement à sa carrière administrative, il s’occupe également de politique et devient député en 1839 pour l’arrondissement de Châteaulin (Finistère). A la Chambre, il siège parmi les ministériels jusqu’en 1848, date à laquelle il se retire des affaires publiques.

Quand Jean-Sébastien Goury intervient auprès du maire de Landerneau au sujet de l’école mutuelle, il semble agir à la demande du préfet mais ses initiatives dépassent celles d’un simple émissaire, dévoilant plutôt l’action d’un véritable partisan de ce nouveau système d’enseignement. Ainsi, l’ingénieur échafaude un plan qui ne manque ni de réalisme, ni d’originalité. Tout d’abord, il n’attend rien du comité cantonal d’instruction primaire dont les membres, à ses yeux, sont peu préoccupés des affaires pour lesquelles on les a désignés. Il désire ensuite que l’école mutuelle soit administrée par des souscripteurs, indépendamment de la commune. Le principe est que les parents riches paient des rétributions suffisamment élevées pour pouvoir rémunérer un maître et instruire gratuitement une certaine proportion d’enfants pauvres. Il pense convaincre facilement les familles aisées car les tarifs qu’il propose sont concurrentiels par rapport à ce qui existe. Il déclare à ce propos : « On paye aujourd’hui en se fournissant plumes, encre et papier, un écu pour aller perdre son temps et ne rien apprendre en deux ou trois ans, on payera avec plaisir 4 francs pour apprendre à lire et à bien écrire en moins d’un an. » Il a d’ailleurs déjà sondé à ce sujet la plupart des notables de Landerneau dont une douzaine au moins sont prêts à envoyer leurs enfants à l’école mutuelle.

Cependant, les écoliers recrutés ne sont pas assez nombreux pour, à la fois, garantir un traitement décent au maître et pourvoir aux frais de fonctionnement de l’établissement.

Face à cette difficulté Goury, décidément très inventif, propose d’instruire les filles et les garçons dans le même local par le même maître mais à des heures différentes. Le clergé local va alors s’emparer de cette « bizarrerie » pour tuer dans l’œuf un projet qu’il voit d’un très mauvais œil. Les ecclésiastiques, loin de se contenter des accords de principe de leur évêque vis-à-vis de l’enseignement mutuel, paraissent accorder davantage de confiance aux propos diffusés par l’Ami de la religion et du roi, véritable arme de propagande cléricale qui se déchaîne contre la nouvelle méthode.

Face à la méfiance des prêtres, Goury est obligé d’user de diplomatie pour faire admettre une idée à laquelle il croit profondément. On le voit ainsi, armé des tableaux de lecture de l’enseignement mutuel, essayer de convaincre les membres du comité cantonal, composé, entre autres, du curé qui en est le président et d’un autre ecclésiastique, l’abbé Vistorte, aumônier des calvairiennes. Il explique au préfet les stratagèmes utilisés dans cette diplomatie un peu particulière : « J’ai mis en jeu toute ma rhétorique ; j’ai pris des détours sans nombre pour arriver à mon but ; j’ai flatté, j’ai eu l’air d’approuver sa sainte fureur ; j’ai même représenté au curé que c’était peut-être une raison pour faire bonne contenance et pour s’emparer en quelque sorte de l’établissement afin de le diriger d’une manière utile aux intérêts de la religion ; je lui ai proposé de mettre à la tête comme professeur un des vicaires ; (je savais que la chose était impossible). Profitant du regard favorable que m’a valu cette proposition, je suis parvenu à me faire écouter et à ébranler un peu le parti de l’opposition. J’ai déroulé les tableaux, j’ai donné des détails sur la méthode, sur les travaux des enfants et nous avons fini par ne faire plus que six têtes dans un bonnet. »

Les prêtres sont-ils vraiment convaincus ? Quoi qu’il en soit, ils décident d’écrire, en l’absence de l’évêque, au vicaire général du diocèse, l’abbé Tromelin, pour connaître son avis sur l’éventualité d’une école mutuelle à Landerneau. L’opinion déjà connue du prélat, favorable envers ces écoles, ne leur suffit-elle pas ? Ont-ils voulu court-circuiter la volonté de l’évêque en n’attendant pas son retour et en s’adressant à son grand vicaire qui, espéraient-ils, avait peut-être un autre avis sur la question ? C’est possible. En tout cas, Goury, comprenant sans doute la manœuvre, s’empresse de recommander au préfet de rencontrer au plus vite cet auxiliaire de l’évêque pour l’enjoindre à donner, à l’instar de son supérieur, un avis favorable envers l’école mutuelle projetée.

On ne connaît pas la réponse du vicaire général mais l’attitude des ecclésiastiques va devenir, à partir de ce moment, plus subtile. Au lieu de s’opposer à l’établissement de l’école mutuelle, ce qui serait récuser les accords antérieurs passés entre l’évêque et le préfet sur cette question, ces derniers préfèrent louvoyer et approuver ce genre d’établissement, mais à la condition qu’il ne concerne que les garçons. En réalité, ils savent pertinemment que le projet n’est pas viable financièrement si les filles ne sont pas adjointes.

Le clergé n’est pas le seul obstacle que Jean-Sébastien Goury trouve sur sa route. Le préfet lui-même, pourtant partisan de l’enseignement mutuel, n’approuve pas que le maître enseigne les petites filles. Il trouve cela inconvenant. Sans doute, anticipe-t-il également l’opposition du clergé sur ce point. Le magistrat propose alors qu’on renonce à l’école des filles. Cependant, Goury, pour des raisons financières qui ont déjà été expliquées, ne pouvant suivre l’opinion du préfet, son principal associé dans cette affaire, a trouvé, là encore, une solution. Il émet l’idée d’une surveillance faite par une femme pendant les heures où les filles seraient assemblées sous la direction du maître. Le conseil municipal, consulté sur ce projet, approuve cet arrangement.

Quant au préfet, on ne connaît malheureusement pas son avis. Goury doit d’ailleurs attendre près de deux mois une réponse de sa part, ce qui prouve probablement son embarras. Après le préfet, Goury doit également composer avec le maire et son conseil municipal sur la question de l’administration de l’école. Goury propose une société de souscripteurs gestionnaires de l’école. Mais ce mode d’administration ne convient pas au maire qui préfère voir l’établissement entrer dans le giron communal. Ce dernier argumente sa position ainsi : « Il semble que ce plan (celui de Goury) ne s’accorde pas avec l’intention de Monsieur le Préfet, que c’est, en effet, à la commune que ce magistrat offre un secours de 400 francs pour faire face aux premiers frais, et que c’est la commune qu’il charge de passer bail du local qui sera choisi et de porter en cas de besoin le loyer annuel dans ses budgets. » Goury acceptant ce point de vue, le conseil municipal décide finalement de retoucher le règlement que l’ingénieur avait conçu.

Quand Goury prend connaissance des changements apportés au règlement, il ne peut cacher sa déception. Il écrit alors au préfet : « Je n’ai parcouru que hier le projet de règlement de la société (…) je vois avec peine que cet acte n’est pas conformé à celui présenté et arrêté en conseil. Celui-ci avait 38 articles, celui-là n’en a que 15 ou 16. Dans celui qui vous a été présenté, M. le Maire s’installe comme président de la société et s’adjoint le curé et le juge de paix, en transporte en un mot le comité cantonal. Il n’a pas réfléchi que cette disposition était inconvenante et incompatible avec celles des articles 8 et 9 de l’ordonnance. Ces messieurs ne peuvent être à la fois surveillés et surveillants, et ne feront probablement pas partie de l’association ; plusieurs articles très utiles ont été supprimés et véritablement j’ai été surpris qu’après avoir voulu m’investir d’une confiance illimitée, M. le Maire n’ait pas jugé à propos de me consulter sur des changements aussi notables, à un acte qui avait été consenti par une association d’individus sur lesquels j’avais compté pour la réussite de notre projet et dont la retraite pourrait nuire. » Mais Goury ne veut pas perdre de temps en querelles inutiles et c’est en homme sage qu’il déclare : « Le mieux est ennemi du bien, ayons notre école et laissons l’amour propre se loger sur des fauteuils plus élevés. »

Après les difficultés survenues avec le clergé, le préfet et le maire, il faut encore subir les humeurs du sous-préfet. Ce dernier, pour des raisons personnelles, fait valoir ses préférences quant au choix du maître. Il s’oppose ainsi à la nomination de Mollier à la tête de l’école mutuelle, compliquant ainsi les projets de Goury. Le sous-préfet se plaint que cet instituteur, choisi par la municipalité, est dur envers ses élèves. Les raisons avouées du sous-préfet en cachent-elles d’autres ? En effet, Mollier est bien connu du magistrat car il a travaillé dans ses bureaux. N’assiste-t-on pas alors à une sorte de vengeance du sous-préfet envers un subalterne qui n’aurait pas donné satisfaction ? D’ailleurs, Goury s’étonne qu’on dénonce un maître qui non seulement a été autorisé mais qui, en outre, paraît convenir aux parents d’élèves qui fréquentent son école. Il en appelle au préfet pour régler cette affaire. Toutefois, malgré les embûches qui se dressent sur son chemin, Goury montre par sa ténacité, sa force de conviction et son esprit de conciliation qu’il est un vrai philanthrope, attaché au bien de l’humanité plus qu’au pouvoir. Il souffre de voir les enfants vagabonder dans les rues, miséreux et sans instruction. Il pense que dans cette misère germe le ferment du désordre politique et social. Malheureusement, il n’a pas le temps de voir le résultat de ses efforts car il est appelé à exercer à l’autre bout du pays, dans les Vosges.

La relance avortée du sous-préfet

Après le départ de Jean-Sébastien Goury, le projet d’établir une école mutuelle paraît bel et bien enterré. Mais 400 francs avaient été donnés pour sa réalisation par le préfet à la commune de Landerneau. Cet argent, resté inemployé, embarrasse alors le maire. En réalité, sur cette somme, il reste 388 francs car 12 francs avaient été payés à Goury pour l’achat des tableaux. Cette fois, c’est le sous-préfet, voulant donner suite au projet présenté par l’ingénieur des Ponts-et-Chaussées, qui propose un nouveau plan de financement. Ainsi, les 388 francs, reliquat de la subvention préfectorale, iraient pour les frais de premier établissement. Le traitement de l’instituteur, y compris celui de sa femme chargée de l’instruction des filles, serait de 900 francs annuels. Le sous-préfet suggère de ne payer que les premier huit mois pour commencer puisque l’école ne pourra pas s’ouvrir avant le 1er mai 1819. A cette fin, le magistrat pense utiliser l’excédant de 438,96 francs qui se trouve au budget de la ville de Landerneau pour 1819 auquel il ajouterait une partie de la somme destinée au secours des indigents, à savoir 346 francs. Le sous-préfet fait remarquer également à son supérieur que les préventions des ecclésiastiques au sujet du mélange des sexes ne sont plus fondées puisque la femme du futur directeur de l’école mutuelle se chargera de l’enseignement des filles à des heures différentes de celles des garçons.

Le préfet n’approuve pas le recours à la somme destinée au secours des indigents. Il préfère compter sur les seules ressources communales et sur la rétribution des élèves payants. Il est convaincu, cependant, par les arguments du sous-préfet de Brest en ce qui concerne l’enseignement séparé des garçons et des filles. Aussi écrit-il à l’évêque pour lever l’opposition cléricale locale. Mais le curé de Landerneau et l’abbé Vistorte font de la résistance. Ils avancent cette fois des suppositions qui ne font que mettre en évidence leur mauvaise foi. Ainsi, le curé déclare à son évêque : « Les motifs de notre opposition à l’établissement d’une école mutuelle à Landerneau sont 1°. Qu’il ne serait pas possible, surtout en hiver, d’empêcher la réunion simultanée des garçons et des filles, ce qui nous a paru dangereux pour les mœurs. 2°. Qu’il n’est pas question d’établir une institutrice pour les filles, qu’on déclare même qu’il n’y a point de fonds suffisants pour cela et qu’en conséquence l’instituteur sera chargé de l’instruction des deux sexes, ce que toujours nous avons voulu défendre par les règlements des diocèses. Cette école, d’après ce que l’on nous a déclaré au comité, ne pourrait se soutenir que par les contributions de ceux qui voudraient y envoyer leurs enfants et je suis persuadé que la plupart des gens aisés ne voudraient pas y envoyer les leurs, vu les inconvénients dont j’ai déjà parlé. »

L’évêque, en cette affaire, tranche en faveur du curé de Landerneau. Il confie : « Monsieur le curé de Landerneau est un des pasteurs les plus respectables de mon diocèse et aussi éloigné de tout esprit d’exagération qu’il est rempli de zèle pour tout ce qui peut contribuer au bien de ses paroissiens. » Le préfet juge sans doute plus sage de se conformer à l’avis du prélat. Pour calmer les craintes des ecclésiastiques, il demande donc que la commune garantisse un revenu pour l’institutrice. Il rappelle, en outre, que celle-ci devra être agréée par le comité cantonal, autrement dit par le curé et l’abbé Vistorte. Enfin, toute possibilité de rencontre entre les filles et les garçons doit être évitée. Il explique : « La différence des heures des leçons pour les deux sexes doit être assez grande, dans toutes les saisons pour qu’ils ne se trouvent jamais ensemble soit à la sortie soit à l’entrée de l’école116. » Voulant donner des gages sûrs au clergé, le préfet exige que l’on abandonne le projet pour les filles si toutes ces conditions ne sont pas réunies.

Face aux exigences préfectorales, relayant celles des ecclésiastiques, le conseil municipal déplore l’insuffisance de ses fonds. En outre, il n’est pas prêt à céder, pour l’établissement de l’école mutuelle, les sommes inutilisées restant au budget 1819. Il préfère réserver cette somme pour l’entretien des pavés, trahissant ainsi un intérêt peu soutenu pour l’instruction primaire. Ainsi, le projet était enterré une deuxième fois.

La victoire des négociants

Finalement le troisième et dernier acte est joué par quatre négociants qui ont sans doute été à l’origine du projet et dont l’ingénieur Goury, frère de l’un d’entre eux, s’est fait le porte parole. Ceux-ci constatant le refus de la commune de pourvoir aux frais d’établissement d’une école mutuelle à Landerneau, s’engagent à le financer moyennant le versement des secours accordés antérieurement par le préfet. Ils sont décidés à demander un instituteur à l’école modèle de Paris, ce qui indique leur désapprobation vis-à-vis de Mollier, maître choisi par la commune pour diriger l’école mutuelle. Ils expliquent au sous-préfet qu’ils veulent un instituteur qui connaisse la méthode dans toute sa pureté. Ces quatre hommes sont animés de sentiments philanthropiques. Ils déclarent qu’ils ont voulu jeter leur regard sur la classe laborieuse qui n’a pas les moyens d’assurer l’instruction à ses enfants. Ils font de cette instruction une condition essentielle de l’ordre social et politique qui doit régner en France. Ils s’affirment ainsi en accord avec les vues de la Société pour l’Instruction élémentaire.

Parmi ces quatre notables, se trouvent les trois figures de proue de l’industrie naissante à Landerneau, à savoir, Jean-Isidore Radiguet, Joseph-Marie Goury et François Heuzé. Ceuxci formeront, en 1821, une société ayant pour but la fabrication et le commerce de la toile de lin. Au début de la monarchie de Juillet, leurs ateliers emploieront 300 ouvriers, tisserands et blanchisseuses, auxquels s’ajouteront les services de 200 fileuses et 25 métiers répartis dans des fabriques rurales. Poursuivant avec succès leur entreprise, ils seront en 1845 les fondateurs de la Société linière du Finistère, exemple unique d’industrialisation à cette époque dans ce département.

Le premier de ces notables, Jean-Isidore Radiguet s’occupe, au début de la Restauration, du négoce de la toile et des graines. Son père, d’origine normande, avait luimême acheté une fabrique de toile dans la région122. Le deuxième, Joseph-Marie Goury, appartient à une famille de Landerneau, dont la fortune est liée, d’une part, aux fonctions fiscales de son père sous l’Ancien Régime et, d’autre part, au commerce de la toile et des vins. Ces deux hommes feront partie du conseil municipal à la fin de la Restauration et au début de la monarchie de Juillet. Joseph-Marie Goury semble s’être particulièrement engagé dans le développement de l’instruction primaire car il sera, sans discontinuité, de 1833 à 1850, membre assidu du comité local formé à cet effet à Landerneau. Sur le troisième, François Heuzé, on a peu de renseignements. On suppose son ascension sociale plus récente car le sous-préfet de Brest a noté en 1852 qu’il était «fils de ses œuvres ». Il deviendra le premier président de la Société linière du Finistère en 1845. Son fils, Gustave, élève de l’école mutuelle de Landerneau, lui succèdera. Enfin, en ce qui concerne Andrieux, le moins connu des quatre, celui-ci ne paraît pas, au contraire des trois autres, avoir fait partie de la Société linière. Cependant, il figure parmi les négociants les plus riches de Landerneau payant une patente aussi élevée que celle de Radiguet ou Heuzé.

Pendant plusieurs années, ces quatre hommes administrent l’école mutuelle de Landerneau. Ils trouvent, au printemps 1820, en la personne du capitaine Tourrette, le maître qui dirigera leur établissement. Madame Tourrette enseignera les filles dans une salle séparée mais à des heures identiques contrevenant ainsi aux prescriptions cléricales. Les notables ont voulu l’enseignement pour les filles et les garçons. Ils l’ont voulu aussi pour les riches et les pauvres. Max Radiguet, se référant à ses souvenirs d’enfance, l’affirme : « Toutes les classes de la société fournissaient leur contingent à l’école mutuelle. L’aristocratie, la roture, le prolétariat de la ville y étaient représentés presque en parties égales, sans que les relations entre écoliers aient sensiblement accusé ces différences de niveau social.» Il ajoute cependant que les costumes trahissaient l’inégalité des conditions sociales. Il note ainsi les pantalons des paysans retenus au milieu du ventre par un large au bouton ou le plus souvent une cheville de bois et ceux des autres portés plus haut et attachés par une bretelle ou boutonnés sous les bras. Il se souvient des coiffures bigarrées : « les casquettes de loutre pelées, les chapeaux vernis avec des cassures raccommodées au fil blanc, les bonnets phrygiens en laine brune des campagnards et le serre-tête à trois pièces du premier âge» Enfin, au-delà de la diversité des habits, il souligne ce qui différencie essentiellement le pauvre du riche : « Un peu d’ordre dans la tenue, du linge blanc, un coup de peigne distinguaient ceux d’entre nous qui appartenaient à la classe aisée. »

En réalité, si l’on en croit le maître lui-même, l’école ne correspond pas à cette vision idéalisée du mélange social. Ainsi, s’adressant aux fondateurs, dix ans après l’ouverture de l’école, celui-ci remet en cause le caractère philanthropique de leur œuvre : « La concession que vous obtîntes n’avait rien de moins que l’intérêt particulier et non celui de la commune, les rétributions que vous portâtes à 3 francs par élève étant trop élevées pour une pauvre ville comme Landerneau (…) aussi n’ai-je eu depuis 10 ans que les parents des enfants un peu aisés et tous ont passé sous ma direction au nombre de plus de 500 des deux sexes.»

Le maître ignore-t-il l’objectif de départ qui était d’assurer l’instruction des plus pauvres par les rétributions des plus riches ? Désabusé vis-à-vis des fondateurs, il force sans doute le trait. Des indigents ont sûrement fréquenté l’école mutuelle mais ils n’y ont jamais été nombreux. D’ailleurs, ayant entre 30 et 60 élèves, parmi lesquels une cinquantaine de payants était nécessaire pour assurer les appointements du maître, la proportion d’indigents devait être faible. Le projet, tel qu’il avait été pensé au départ, n’a jamais pu se réaliser. Sans doute les préjugés sociaux étaient plus importants que ne le laissaient paraître les propos de Max Radiguet. Les difficultés financières ont dû également l’hypothéquer.

Voir encore :
L’Enseignement Mutuel à Landerneau. L’école de Monsieur Toupinel de Max Radiguet.

Nous refusons la construction d’une centrale électrique à gaz de 450Mw à Landivisiau financée par l’Etat Français à raison de 45millions d’euros par an pendant 20 ans. Nous signons l”Appel du Collectif Climat 2020.

commentaires Commentaires fermés
Par , 29 décembre 2017 15 h 11 min

Des personnalités de toutes origines viennent de signer un “Appel pour un Pacte Finance-Climat européen” et nous invitent à les rejoindre.

climat-courbe-4-scenarios

Comment ne pas partager la conclusion de leur appel :

“Convaincus que nous ne parviendrons pas à reprendre en main notre destin si chaque nation reste isolée, nous demandons instamment aux Chefs d’Etat et de gouvernement de mettre en œuvre au plus vite une politique européenne qui dépasse les clivages traditionnels, mette la finance au service du climat et de la justice sociale, et nous permette de regarder sans rougir l’héritage que nous laisserons à nos enfants.”


Et pourtant à Landivisiau
:

MILO

nous invitons chacune et chacun à signer cet appel : https://climat-2020.eu/l-appel/

Mais aussi dans un même temps à faire parvenir à l’association un message les invitant à dénoncer la construction à Landivisiau, par Direct Energie, d’une centrale électrique à gaz financée par l’état français à raison de 45 millions d’euros par an pendant 20 ans.

contact : https://climat-2020.eu/contact/

Voir aussi :

Centrale à gaz de landivisiau. Lettre ouverte à Emmanuel Macron, Président de la République.

Centrale à landivisiau. Sept ans de luttes.

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