Il y a 200 ans : Plaidoyer pour une école mutuelle à Landerneau.

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Par , 16 décembre 2017 15 h 09 min

L’Enseignement Mutuel a été la grande affaire du début du 19ème siècle. Sous le titre “Pages de la vie d’enfance. L’Ecole de Monsieur Toupinel”, Max Radiguet nous fait vivre de l’intérieur l’enseignement dans l’une des premières créées en Bretagne : celle dont il a suivi l’enseignement dans sa ville natale, Landerneau.

A l’origine de cette école, l’initiative de l’Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussée du Finistère, Guillaume-Edme-Charles Goury, originaire de Landerneau. Une initiative d’abord combattue dont témoigne le plaidoyer présenté devant le conseil municipal de Landerneau en juin 1818 que nous présentons ci-dessous.

A messieurs les membres du comité cantonal d’instruction de landerneau.

Messieurs,

Le comité cantonal et gratuit d’instruction élémentaire du canton réuni pour donner son avis sur le projet d’introduire dans nos écoles primaires le mode de l’enseignement mutuel a paru divisé d’opinion et n’a pu prendre dans sa dernière séance aucune décision sur cet objet intéressant. Instruit qu’il devait se rassembler de nouveau j’ai prié Monsieur le président du comité de me permettre d’assister à la séance. En hasardant cette demande, j’ai cru suivre les intentions de monsieur le préfet qui dans une lettre qu’il m’a fait l’honneur de m’écrire m’a prié de continuer mes soins pour hâter la mise en activité d’un établissement dont les avantages prouvés par des succès nombreux sont appréciés par tous ceux qui en ont examiné les détails.

Mon intention en venant au milieu de vous est de vous donner quelques renseignements sur la méthode que l’on nous propose d’adopter et surtout de fixer bien précisément votre attention sur ce dont il s’agit.

Des craintes sans fondement, des préventions sans motif, ont fait naître une opposition redoutable contre une méthode qui ne … que d’assurer à l’enfance une éducation utile, morale, religieuse et devenue nécessaire pour extirper dans les racines un fléau qui menace de compromettre la tranquillité de la France et le bonheur de ses habitants pour faire disparaître successivement cette dégoûtante …. mendicité aux besoins croissants à laquelle vous ne pouvez déjà plus suffire.

C’est le propre de toutes les institutions naissantes d’éprouver des oppositions fondées quelquefois sur la juste inquiétude qui condamne à l’homme sage toute innovation quand elle intéresse éminemment le sort de toute une génération ; fondée aussi très souvent sur la prévention. L’intérêt même des opposants celle-ci méprisable en elle-même ne peut avoir …. à la honte de ceux qui l’ont formée. La première respectable par son motif ne redoute pas le flambeau de la vérité, ne demande qu’à être éclairée par ses rayons pour se rendre et passer dans le parti auquel elle semblait opposée. C’est dans cette catégorie que je me plais à ranger les motifs et l’esprit qui animent plusieurs d’entre vous messieurs ; mais avant d’essayer de dissiper vos inquiétudes je veux vous rappeler les obstacles sans nombre qu’ont éprouvé de nos jours les innovations les plus heureuses. L’inoculation, la vaccine et le nouveau système de poids et mesures ont encore des ennemis. Et vous reportant à deux siècles de distance vous faire ressouvenir des préventions qu’éprouvèrent Copernic et Galilée pour avoir soutenu et avancé un système que l’on rougirait aujourd’hui de contester.

Je puis vous prouver d’une manière encore plus sensible qu’il n’est pas d’établissement louable qui à son origine n’ait essuyé un semblable genre d’épreuves en vous rappelant ce qui s’est passé lorsqu’en 1679 le fondateur de la congrégation des frères de la doctrine chrétienne, le respectable abbé de La Salle, entreprit d’améliorer l’éducation de l’enfance. Combien d’obstacles n’eut-il pas à surmonter avant de pouvoir ouvrir la première école ! Plusieurs années s’écoulèrent avant que son institution puisse être fondée. Toujours en but à des contrariétés renaissantes, elles furent telles lorsque cet homme de bien chercha à introduire sa méthode dans la capitale qu’il y essuya un procès et faillit être chassé de Paris et envoyé à Reims avec ses frères. … à une méthode plus parfaite, il réunissait tout l’éclat des vertus évangéliques la religion (….) tous ses efforts !

Quel exemple messieurs et combien il doit nous tenir en garde contre une prévention dont les résultats intéressent la génération qui s’élève sous vos yeux et par vos soins ! Mais revenons à l’objet qui nous occupe et développons sur la méthode sur laquelle vous êtes appelés à donner votre avis.

Ce n’est point une nouvelle doctrine que l’on cherche à introduire. De misérables folliculaires se sont efforcés d’égarer l’opinion publique, de propager des préventions, d’inspirer des craintes chimériques en calomniant les intentions les plus pures, des intentions professées par tout ce que la France a de plus respectable en noms, en dignités, en vertus ; ils ont représenté cette heureuse conception comme une nouveauté antichrétienne et comme le moyen dangereux (….) pour ôter tout espoir de rétablir la religion et les mœurs.

Qui pourrait supposer que des attaques aussi virulentes que peu réfléchies s’adressent à une méthode qui ne (…) qu’a changer le mécanisme de l’instruction élémentaire, à substituer des tableaux économiques à des livres dont l’achat devient dispendieux pour plusieurs ; à faire apprendre simultanément la lecture et l’écriture ; a employer pour écrire du sable et des ardoises au lieu d’encre et de papier ! Et une méthode qui dépouille de leurs épines la lecture, l’écriture et le calcul dont l’étude autrefois si fastidieuse devient un amusement rempli d’appâts qui appellent les enfants à la connaissance et à la pratique de leurs devoirs et développent en eux le germe des qualités les plus propres à les faire concourir au triomphe de la religion et à la prospérité nationale.

Veuillez jeter les yeux sur les tableaux de lecture adaptés pour les écoles d’enseignement mutuel, quel est à votre connaissance l’établissement, aujourd’hui existant, qui nous en fournira de plus heureusement choisis dans le rapport moral et religieux. Ne conviendrez-vous pas que la Religion est la base de l’enseignement ? Elle n’est pas offerte aux enfants comme une étude particulière, comme un accessoire, c’est elle seule qui fournit les matériaux pour l’écriture, pour la lecture et pour les exercices de la mémoire. Des jours, des heures peuvent d’ailleurs être plus particulièrement consacrées, sur votre demande, à l’étude du catéchisme diocésain et vous sentirez aisément que l’influence de cette instruction toute religieuse opérera de grands changements dans le moral des enfants de votre école. On distingue aujourd’hui partout ceux qui fréquentent les écoles d’enseignement mutuel, par leur douceur, leur esprit d’ordre et leur soumission envers leurs parents.

Suivant les méthodes actuellement enseignées, le temps que le maître donne à un élève est perdu pour tous les autres. Ici il n’en est pas de même. La leçon occupe à la fois tous les enfants, divisés par groupes, s’aidant et s’instruisant mutuellement à la faveur de ce secours obtenu des élèves eux-mêmes un maître peut en instruire à la fois plusieurs centaines ce qui procure une économie de temps au profit des élèves et de tant de parents qui ne peuvent pas se passer longtemps du secours de leurs enfants ; et une économie pécuniaire qui diminuerait considérablement les frais de l’instruction, d’y associer les enfants de l’indigent et de leur préparer un avenir plus doux pour eux-mêmes et moins inquiétant pour la société.

A… messieurs cette nouvelle méthode qui alarme tant de bons esprits. Lorsque de vils pamphlétaires s’efforcent inutilement de dénigrer, sa bonté n’a jamais été contestée par les esprits attentifs qui l’ont observée et je ne doute pas que mieux connue de vous elle n’obtienne votre suffrage.

(…) les objets dont on nourrit l’intelligence qui caractérisent la partie morale de l’enseignement or vous pouvez vous assurer par vous-mêmes que c’est à l’étude de la religion et des devoirs que l’esprit et la mémoire des enfants sont constamment exercés. Ainsi les hommes les plus recommandables par leur savoir, par leur rang, des ecclésiastiques pleins de (…) et de ferveur, des princes de l’église proclament la méthode et s’en font les apôtres. Tous les princes de l’Europe l’appellent dans leurs états ; achèverai-je messieurs de casser vos inquiétudes en vous disant que le monarque vertueux que la France révère s’est déclaré le protecteur de ces écoles et que c’est en vertu de protection spéciale que vous êtes appelés à former ce comité dont la spéciale occupation aux termes de l’ordonnance qui l’institue est d’employer tous les soins pour former des écoles dans les lieux où il n’y en a pas (articles 7 et 14). Je puis ajouter à ce témoignage suffisant pour un français celui moins irrécusable encore que celle visible de l’église qui a introduit ces écoles dans ses états ; enfin messieurs ,l’un de vos membres, monsieur le maire, peut vous communiquer une lettre de monsieur le préfet qui ne vous laissera aucun doute sur l’opinion de notre évêque à ce sujet puisqu’il affecte de fournir des sujets de son séminaire pour en faire des instituteurs aussi loin que les besoins de son diocèse le permettront.

Réunissez donc vos suffrages messieurs, adoptez unanimement une méthode contre laquelle on n’articule aucun grief ; contre laquelle on ne porte que des attaques vagues et sans fondement. Elle est proposée par le plus d’hommes de bien de la capitale, elle est protégée par notre prince, elle est accueillie par le souverain pontife et approuvée par votre évêque puisqu’il a souffert qu’elle s’établit dans ses yeux. Elle est recommandable par des résultats qu’il nous sera facile de connaître et profitable pour le présent et l’avenir. La moindre hésitation de votre part, le défaut d’accord, pourraient la déprécier et faire naître des inquiétudes auxquelles votre crédit, votre lumière et vos vertus ne donneraient que trop de poids. Enfin il s’agit de décider les ¾ de vos concitoyens continuant à être étrangers à toute instruction élémentaire et (…) de mettre cette maxime choquante pour l’espèce humaine que la propagation des lumières est un malheur pour la société.

A Landerneau le 6 juin 1818.

Goury

lettre Goury original
Lettre Goury extrait Chalopin.

Cécile Duflot doute de “la sincérité” d’Emmanuel Macron en matière d’écologie.

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Par , 13 décembre 2017 17 h 21 min

Cécile Duflot, ancienne ministre écologiste du Logement, invitée de franceinfo mercredi 13 décembre, a reproché à Emmanuel Macron “une discordance inquiétante” entre les paroles et les actes sur l’écologie. “Ce qui est assez grave, c’est qu’il y a un double discours”, a-t-elle affirmé sur francetvinfo.

“Quel sens de dire ces choses alarmistes et de ne pas en tirer les conclusions”, a déclaré Cécile Duflot, en réaction à la déclaration du chef de l’Etat, qui a affirmé qu'”on est en train de perdre la bataille”, contre le réchauffement climatique. “Je sais que c’est le même Emmanuel Macron, qui, dans sa politique de président de la République n’est pas en cohérence”, déclaré l’ex-responsable d’Europe-Ecologie-les-Verts (EELV).

“Emmanuel Macron dit des choses justes sur les conséquences immédiates du réchauffement climatique et Emmanuel Macron qui signe le Ceta [l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada]”, a précisé Cécile Duflot. Or, “le Ceta c’est la fin des trains de nuit, c’est le recul sur la taxe des transactions financières, c’est le recul sur la loi de transition énergétique”, a-t-elle énuméré. “On peut avoir l’impression qu’il utilise l’écologie comme un faire-valoir, comme une sorte de positionnement de communication, de stature internationale, mais pas avec sincérité. Et l’insincérité en matière écologique est criminelle”, a poursuivi l’ancienne ministre.

Notre-Dame-des-Landes : un projet taclé “en off”

Cécile Duflot a rappelé sa position opposée à la construction d’un aéroport à Notre- Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, estimant que son avis est partagé par “de nombreux responsables politiques”, y compris par le précédent chef de l’Etat.

François Hollande “pense que ce n’est pas une bonne idée de faire cet aéroport, il me l’a dit à moi”, a affirmé Cécile Duflot. “Il a dit ‘il y a un problème avec Jean-Marc [Ayrault, l’ancien Premier ministre et ancien maire de Nantes]'”, a déclaré l’ancienne ministre du Logement. “Aucun responsable politique de premier plan, aucun ne défend en off Notre-Dame-des-Landes. Tout le monde sait que c’est un projet absurde”, a-t-elle ajouté. “Simplement, on le met sur deux champs : l’autorité de l’Etat (…) et le chantage à la virilité. Emmanuel Macron aura-t-il le courage d’imposer cet aéroport ? Sinon, cela veut dire qu’il va se déballonner. Donc vous voyez qu’on n’est pas du tout dans un champ rationnel”, a-t-elle regretté, tout en appelant à “sortir” de ce débat “par la raison”.

Cécile Duflot a salué que des médiateurs aient été nommés pour “mettre un peu de raison” dans ce dossier, face “à l’entêtement qu’on a vécu”. Le rapport des médiateurs est remis ce mercredi au Premier ministre. “Si j’en crois les éléments qui ont été publiés dans la presse régionale, on voit bien que tout ce que nous disions depuis des années se révèle juste. C’est-à-dire que sur les plans aéronautique, financier et écologique, cet aéroport n’a pas de pertinence”, a martelé l’ancienne ministre.

Regardez l’intégralité de l’entretien de Cécile Duflot sur franceinfo le mercredi 13 décembre 2017.

RADIO FRANCE

Sommet sur le climat à Paris : A Landivisiau c’est le réchauffement climatique qu’ils veulent financer !

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Par , 13 décembre 2017 11 h 11 min

12 décembre 2017, nouvelle grande messe gouvernementale pour “sauver le climat”.

MILO

« Les énergies fossiles appartiennent aux modèles économiques et énergétiques du passé, a lancé le ministre français dans l’amphithéâtre du One Planet Summit. Elles ne sont plus la solution, elles sont devenues le problème. » Nicolas Hulot a appelé à mettre un terme aux subventions publiques aux énergies fossiles. (Libération)

Par ailleurs le ministre de la transition énergétique, Nicolas Hulot, avait plaidé pour mettre fin à une « forme d’hypocrisie » qui consiste, selon lui, à « d’un côté dire qu’il faut s’affranchir des énergies fossiles et de l’autre que l’ensemble de la communauté internationale – et ça vaut pour mon propre pays – continue sous des formes diverses et variées, à hauteur de plus de 300 milliards de dollars chaque année, à soutenir les énergies fossiles en forme d’exonérations, de subventions ». (Le monde)

Cela se passait à Paris et pendant de temps, à Landivisiau, le pouvoir d’Etat envisage de financer une centrale électrique à gaz à raison de 45millions d’euros par an pendant 20 ans !

voir :

Centrale à landivisiau. Sept ans de luttes.

A Paris, Mélanie portait notre message.

sommet du climat 05

sommet du climat 03a

La ligne de chemin de fer Landerneau-Châteaulin.

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Par , 5 décembre 2017 14 h 48 min

viaduc daoulasviaduc de daoulas.

Le 16 décembre 1867, la jonction Landerneau-Châteaulin permet de faire le tour de la Bretagne en chemin de fer. En une dizaine d’années, la Bretagne a été rattachée au reste de la France par une liaison rapide et fiable. C’est la première étape d’une ouverture au territoire national, une entrée dans la modernité dont les effets seront ambigus.

Voir la suite de l’article

De Plogoff à Landivisiau. Bien vivre en Bretagne sans pétrole, sans nucléaire et… sans gaz de schiste !

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Par , 25 novembre 2017 11 h 20 min

21 novembre 2017. Une table ronde s’est tenue à Brest à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO).

Tudi Kernalegenn, docteur en science politique, Martin Siloret, docteur en Histoire moderne et contemporaine et Denez L’Hostis, Président de l’association France Nature Environnement (FNE) y intervenaient sur “l’histoire des luttes environnementales en Bretagne.”

On y a parlé de Plogoff, du Projet Alter Breton, mais aussi, dans le débat, de Landivisiau.

luttes environnementales

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Luttes du passé en Bretagne ? Les intervenants ne pouvaient manquer de rappeler la lutte contre l’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff. Une lutte exemplaire qui a été la “mère de toutes les luttes” qui se sont ensuite succédé en Bretagne.

Plusieurs fois évoqué : l’alternative au nucléaire et le Projet Alter Breton. Un programme pour “Bien vivre en Bretagne, sans pétrole et sans nucléaire” publié en janvier 1980, juste avant le début de l’enquête publique et de l’occupation de Plogoff par les forces de “l’ordre”.

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L’un de ses rédacteurs, Paul Tréguer, océanographe brestois membre de l’Académie Européenne des Sciences, était présent dans la salle. Il en a rappelé la philosophie telle que nous la présentions dans la conclusion de ce texte extrait de “Plogoff, un combat pour demain” :

Se passer du nucléaire et même du pétrole sans revenir à la bougie, telle est la proposition du plan “Alter” breton rendu public à quelques jours du début de l’enquête d’utilité publique. Le projet, initié à l’échelle de toute la France par le “groupe de Bellevue” (un groupe de chercheurs pluridisciplinaires et de militants proches du PSU), comprend autant de volets qu’il y a de régions.

Celui qui concerne la Bretagne est le premier à être publié. Lors de sa présentation, à Audierne le 6 janvier1980, Paul Tréguer chercheur au CNEXO et Annie Le Gall, ingénieur agronome le présentent comme un “message d’espoir pour tous ceux qui craignent l’avènement du nucléaire”. L’équipe de rédacteurs regroupe des chercheurs de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l’institut d’études marines (IEM), du Centre national pour l’exploitation des océans (CNEXO), de l’Université de Bretagne occidentale (UBO).

” Il est temps décidément de tuer des mythes qui ont la vie dure”, annoncent ses auteurs en introduction, et en particulier celui du “modèle de développement industriel” qui apporterait le bonheur à l’humanité. Ce modèle de société “à l’américaine”, transforme l’ensemble des secteurs de l’économie pour réaliser un objectif : la croissance par la production massive de biens industriels. On produit et on vend n’importe quoi pourvu que ça rapporte. Qu’importe si les matières s’épuisent, si certaines régions sont véritablement laminées par ce rouleau compresseur…”

Pour apporter à la Bretagne l’énergie dont elle a besoin, ils ont exploré quatre voies principales : l’énergie marémotrice (13%), la biomasse (44%), les éoliennes (21%), le solaire (22%).

L’objectif n’est pas uniquement technique. Ce qui est “révolutionnaire” dans le projet ALTER, explique Paul Tréguer, “ce ne sont pas tant les éoliennes sur nos côtes ni les chauffe-eau solaires sur nos toits, mais bien le projet de société que ces techniques sous-entendent”. Une société capable de satisfaire à ses besoins tout en stabilisant sa consommation. Une société qui ne fasse pas de la consommation de biens périssables un critère de réussite sociale. Une société qui s’affirme solidaire de tous les peuples du monde“.

35 ans plus tard Paul Tréguer faisait le constat que le message aurait mérité d’être entendu.

“Ce que l’on sait, aujourd’hui, c’est qu’à l’échelle de quelques décennies, on peut prédire la montée générale du niveau des eaux. C’est ainsi que l’île de Sein est menacée de submersion, d’ici la fin du siècle, si on continue le régime actuel de réchauffement”déclarait-il dans un article au journal Le Télégramme

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A la menace nucléaire est venue s’ajouter celle du dérèglement climatique généré par la combustion des énergies fossiles. En 1980 le pétrole était le combustible dont on avait surtout constaté les dégâts provoqués par les naufrages des pétroliers sur nos côtes. Aujourd’hui c’est la mer elle même qui menace de submerger îles et rivages.

Quant au pétrole il est aujourd’hui concurrencé par le gaz fossile, en particulier ce gaz de schiste, dont l’exploitation est interdite en France, mais dont l’importation semble devoir faire les beaux jours des lobbies gaziers.

De Plogoff à Landivisiau : des analogies

A l’écoute de ces rappels des analogies apparaissent à l’évidence entre la “saga de la centrale nucléaire baladeuse” et la “saga des centrales à gaz” en Bretagne.

Avant Plogoff il y avait eu Erdeven et une première mobilisation dans cette zone vouée au tourisme qui avait fait renoncer au projet. Puis ce fut Ploumoguer où de jeunes “paysans travailleurs” ont su mobiliser autour d’eux et trouver un lien immédiat avec la jeunesse de la région brestoise avec à la clef des manifestations aussi massives que festives. Trop dangereux ont dit les élus de la droite locale. Et donc, loin de toute agglomération et peuplée d’une population vieillissante dont les actifs étaient plus souvent en mer qu’à terre, ce fut Plogoff.

Un extrait du mémoire déposé à l’enquête publique par le GSIEN (Groupement des Scientifiques pour l’Information sur l’Energie Nucléaire) illustre assez bien la situation :

“Le choix de Plogoff.

Besoins énergétiques de la Bretagne. Pour les besoins de la cause, EDF réduit la Bretagne aux quatre départements de base. Ceci permet de développer une argumentation éliminant le complexe producteur de la Basse Loire et de culpabiliser les Bretons en leur faisant croire qu’ils consomment l’énergie des Français sans contrepartie.

En réalité, le grand Ouest est jusqu’à présent excédentaire en énergie. Cet excédent est utilisé pour combler le déficit de la région parisienne.

Si l’on voulait poursuivre jusqu’au bout ce raisonnement, on en arriverait à la conclusion que l’agglomération parisienne, très largement déficitaire en énergie, doit recevoir la quasi-totalité des installations nucléaires françaises.

A la réflexion, l’installation d’une centrale nucléaire dans le trou des Halles n’est pas plus absurde que l’implantation d’un complexe nucléaire à la Pointe du Raz et à la Pointe du Van (projet d’un centre de retraitement).

Sur le plan de l’économie régionale, EDF a toujours affirmé que la production d’énergie d’origine nucléaire n’apporterait aucun soutien nouveau. L’installation d’une centrale à Plogoff n’a, à cet égard, aucune justification sérieuse sinon l’espoir de trouver des conditions locales humaines et politiques plus favorables qu’à proximité des villes, de leurs industries mais aussi de leurs mouvements sociaux.

Avant Landivisiau il y a eu Ploufragan dans les Côtes d’Armor. Un centrale de 230Mw aussitôt contestée par les militants. Pas de ça chez nous ont rapidement considéré les élus de gauche et droite confondus. Et voilà que l’omnipotent président du Conseil Régional, Jean-Yves Le Drian, nous sort un projet de centrale de 450Mw à Guipavas. Mauvaise donne, trop près de Brest d’où manifestations massives et création de l’association GASPARE suivies d’une zizanie politique qui coûte son poste au maire de Guipavas favorable au projet. Trop dangereux ont constaté les élus socialistes et ce fut Landivisiau, commune peu réputée pour son caractère révolutionnaire et où la droite au pouvoir pouvait compter sur la complicité de son “opposition” socialiste.

Là aussi on continue à “culpabiliser les Bretons en leur faisant croire qu’ils consomment l’énergie des Français sans contrepartie”. Là aussi “aucune justification sérieuse sinon l’espoir de trouver des conditions locales humaines et politiques plus favorables”.

De Plogoff à Landivisiau : des différences.

Les temps ont changé. 1980 c’était aussi l’espoir d’une alternance politique, même si la déception a été rapide. C’était en Bretagne le renouveau des revendications culturelles (le début de Diwan) et régionalistes (Servat chantant la Blanche Hermine). C’était la prise de conscience accrue des problèmes environnementaux avec les marées noires (Mazoutés aujourd’hui, radioactifs demain) ou la pollution des rivières (Quand le poisson meurt, l’homme est menacé). A présent domine le constat d’une démocratie en panne, de partis et d’élu(e)s discrédité(e)s. Un désenchantement qui s’exprime dans une abstention massive et le repli sur soi.

Grosse différence : Plogoff c’était une opposition entre droite et gauche. Une droite qui voulait poursuivre la nucléarisation de la France initiée par Mesmer. En face, même si la position était ambiguë au niveau national, un parti socialiste local s’affichant contre la centrale et dont nombre de militant(e)s participaient aux mobilisations, la prise de position hostile au projet de Louis le Pensec pesant alors lourd dans la balance. Surtout après la défection du PC.

Au contraire, Landivisiau c’est la droite et les socialistes main dans la main. Un président de région qui s’affichait encore comme “socialiste” obtenant ce cadeau d’un ministre de Sarkozy.

Le Drian-Besson le “main dans la main” qui condamne Landivisiau.

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Surtout : Plogoff c’était un maire courageux brûlant le dossier d’enquête devant sa mairie. Landivisiau c’est une municipalité qui réclamait la centrale, accompagnée par son “opposition” socialiste. Une municipalité mettant tous les obstacles possibles devant l’action des opposants.

Malgré ces difficultés, Landivisiau ce sont aussi des opposantes et opposants actifs qui depuis cinq ans ont fait reculer le projet et qui, comme à Plogoff, sont bien décidés à obtenir son retrait.

Ce sont aussi des propositions alternatives pour utiliser utilement les 45 millions d’euros annuels promis à Direct Energie. Pour isoler les habitations, pour développer les énergies renouvelables et économiser l’énergie . Et surtout pour ne pas renforcer le réchauffement climatique en brûlant du gaz fossile dont on sait à présent qu’une partie sera du gaz de schiste importé des USA par Montoir de Bretagne.

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Rappel :

Gesper

Du gaz de schiste pour Landivisiau : la solution de Gesper.

Dans une déclaration au Télégramme les animateurs des partisans de la centrale, regroupés dans l’association GESPER, Yvon Madec et Yves Edern, deux anciens ingénieurs spécialisés dans la production électrique qui, durant leur carrière, ont dirigé des centrales, sont clairs :

“Les opposants disent que le prix du gaz sera bien trop élevé dans quelques années. On n’en sait rien. Ont-ils pris en compte l’énorme potentiel que représente le gaz de schiste ?”

Emmanuel Macron, ne franchissez pas le seuil de l’irréversible. Agissez ! L’arrêt du projet de centrale à gaz à Landivisiau, c’est maintenant !

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Par , 16 novembre 2017 11 h 34 min

“Le seuil de l’irréversible a été franchi” déclare Emmanuel Macron à Bonn à la COP23.

La phrase de Emmanuel Macron a été reprise par les médias.

macron COP 23.a

cliquer sur l’image.

“Le seuil de l’irréversible a été franchi.

Les équilibres de la Planète sont prêts à rompre comme le traduisent le réchauffement des océans où la disparition des nombreuses espèces menacées. C’est l’ensemble de l’humanité qui est ainsi touchée. Si nous continuons tel que nous le faisons aujourd’hui, quels que soient les efforts déjà faits ces dernières années, cela veut dire que nous acceptons tacitement, collectivement ici, la disparition d’un bon nombre de populations ici représentées.

Nous n’avons donc qu’une obsession, l’action. Qu’un horizon, c’est maintenant.”

Monsieur le président, n’attendez pas le 12 décembre. C’est maintenant qu’il faut annoncer la fin du projet de centrale à gaz à Landivisiau.

Macron 12 décembre.04

La déclaration que devrait faire Emmanuel Macron au ” Sommet International sur la lutte contre le réchauffement climatique”, le 12 décembre 2017 à Paris.

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