Marc Laimé : Eau : quelle solidarité Nord-Sud ?
Un texte de Marc Laimé du monde diplo dans lequel il développait un thème qui nous était cher : le pillage du Sud par les majors français le l’eau.
voir : https://blog.mondediplo.net/2008-02-23-Eau-quelle-solidarite-Nord-Sud
Il y citait en particulier plusieurs de mes articles du site de s-eau-S
http://seaus.free.fr/spip.php?page=recherche&recherche=loi+Oudin+santini
voir encore :
Dix ans après la loi Oudin-Santini, la solidarité coule à petit débit (Gazette de communes)
Soupçon de néo-colonialisme
La loi Oudin-Santini du 27 janvier 2005 est loin de faire l’unanimité. Gérard Borvon, président de l’association S-Eau-S, était membre du Conseil national de l’eau lorsque le texte fut adopté. « La loi a été votée à la va-vite pour répondre à la mise en cause, par la Cour des Comptes, d’une pratique instaurée par André Santini, alors président du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) : depuis 1986, le Sedif prélevait 1 centime par mètre cube distribué pour financer des actions dites de « coopération décentralisée ». Lesquelles prenaient plutôt l’allure d’un mécénat orienté vers la promotion des entreprises de l’eau – essentiellement Veolia ».
Sur son site, le militant rapporte les propos d’André Santini à l’Assemblée nationale en 2005 : cette loi est « non seulement un moyen de permettre une exportation du modèle français de gestion de l’eau, mais aussi un moyen de compléter utilement la conquête de marchés par les grands groupes français ».
Gérard Borvon y voit un support de promotion de la délégation de service public et des partenariats public/privé. Or, « dans le monde, la gestion publique de l’eau est largement majoritaire. Pour les grands groupes de l’eau, cela représente un immense marché à conquérir. Cette loi est un cheval de Troie qui leur permet de défendre des intérêts privés. Elargie au gaz, à l’électricité, puis aux déchets, et bientôt peut-être aux transports en commun, c’est une véritable force de frappe pour un néo-colonialisme à la française. Les habitants du Sud n’ont pas besoin de nos lobbies du Nord », estime le président de S-Eau-S.
Une collectivité sur deux recourt au budget général
Les collectivités ont d’ailleurs le choix des outils pour mener des actions de coopération. Depuis la loi du 6 février 1992 sur l’administration territoriale de la République,elles peuvent les financer sur leur budget général. Pour l’eau mais aussi pour l’éducation et tout autre objet. « Pas besoin donc de solliciter la facture d’eau des usagers qui n’a nullement été prévue pour ça », déclare le président de S-Eau-S. Les collectivités le savent bien puisqu’en 2013, 52 % d’entre elles se sont engagées via leur budget général contre 41 % via le système du « 1% » et 7% ont conjointement mobilisé les deux dispositifs.