« Je promeus une écologie heureuse » : Harry Durimel un militant contre le chlordécone réélu maire de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

Par , 25 mars 2026 16 h 41 min

Un grand Bravo à mon ami Harry Durimel avec qui j’ai engagé le combat contre le scandale du chlordécone en Guadeloupe.

Extrait d’un article de Reporterre.

Largement réélu maire de Pointe-à-Pitre le 15 mars, cet avocat guadeloupéen, impliqué dans la lutte contre le chlordécone, est un militant de la cause environnementale depuis vingt ans.

Il fallait le voir, tout sourire dans les rues de Pointe-à-Pitre, le dimanche 15 mars à l’annonce des résultats du premier tour des municipales en Guadeloupe. Harry Durimel, largement réélu avec 57,47 % des suffrages [1] avec sa liste divers écologiste, chantant et dansant en compagnie des Pointoises et Pointois pour fêter l’événement. Chemise verte et petites lunettes rondes, l’édile de 68 ans, né à Morne-à-l’Eau, conserve non seulement la confiance de la population, mais atteste du virage vert pris par la capitale économique de la Guadeloupe.

Car Harry Durimel est un écologiste convaincu, depuis toujours : « J’ai plus de vingt ans de militantisme derrière moi », nous dit-il tout sourire dans son bureau de maire. Il est d’ailleurs le seul édile écologiste de tout le bassin caribéen. Les enjeux environnementaux sont pourtant nombreux dans cette région du monde qui figure parmi la liste des 36 points chauds en matière de biodiversité.

« L’écologie est encore vue comme trop élitiste avec beaucoup d’interdits. Moi, je promeus une écologie heureuse, explique-t-il. L’idée n’est pas de dire qu’il faut être les conservateurs d’une belle nature en ne touchant à rien, mais plutôt d’avoir conscience que l’on peut exploiter notre biodiversité tout en la préservant, afin de léguer quelque chose aux générations futures. »

Scandale du chlordécone

Avocat de formation, Harry Durimel a été de toutes les luttes pour la préservation de l’environnement en Guadeloupe. Pollution de la Grande Rivière à Goyaves par l’usine Bonne-Mère. Mobilisation contre l’implantation d’un hôtel cinq étoiles avec terrain de golf de dix-huit trous sur l’habitation Roussel, à Marie-Galante. Démarches judiciaires contre la pollution générée par la distillerie Bologne à Baillif… Le sexagénaire a été de presque tous les combats, dont un toujours en cours : celui du scandale du chlordécone, qu’il a porté, avec des associations et d’autres confrères, devant les tribunaux en 2006.

Ce pesticide utilisé dans l’agriculture antillaise entre 1972 et 1993, classé « cancérigène possible » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1979, est encore présent dans les sols et les eaux antillaises. Il est responsable d’une épidémie de cancers en Guadeloupe et en Martinique, notamment de la prostate (environ 220 cas pour 100 000 habitants aux Antilles, contre 90 cas sur 100 000 en Hexagone).

Si un non-lieu a été prononcé en 2023 par le tribunal de grande instance de Paris, Harry Durimel fait partie de ceux qui ont saisi la cour d’appel de Paris, qui rendra sa décision le 22 juin 2026.

Voir encore :

Scandale du chlordécone. Une alerte venue de Bretagne.

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