De la pêche au Saumon à Chateaulin, en Bretagne, vers 1736.

Par , 7 janvier 2026 18 h 50 min

Au moment où le saumon se fait de plus en plus rare à la passe de Keramon dans l’Elorn, retour vers une époque faste des siècles passés.

En l’année 1736, André-François Boureau-Deslandes, publiait un ouvrage dans lequel il décrivait le pêcherie de saumons de Chateaulin.

André-François Boureau-Deslandes, né en 1690 à Pondichéry et décédé 11 avril 1757 à Paris, est un scientifique et écrivain français.

Il est le fils d’André Boureau-Deslandes (né à Tours), petit-fils de François Martin (1634-1706), gouverneur de Pondichéry. Son père, André Boureau-Deslandes joua un rôle très important dans les relations diplomatiques entre la France et le Siam, puis dans les Indes où il fut directeur général du Commerce au Bengale.

Revenu en France, il fut envoyé à Saint Domingue comme ordonnateur de la Marine pour les rois de France et d’Espagne, et inspecteur général de « l’Assiente ». Il reçut des lettres de noblesse en 1703 et mourut à Léogane en 1707. Il avait épousé en 1686 Marie-Françoise, fille du célèbre chevalier Martin, gouverneur de Pondichery. Ils avaient eu huit enfants dont six survécurent, parmi lesquels deux ecclésiastiques. Il apporta en France avec lui les volumes manuscrits des Mémoires de son beau-père François Martin qui seront publiés en trois tomes.

Il vient en France, en 1703, à l’âge de 13 ans. Il entra au service du Roi en octobre 1708 comme contrôleur à Brest et fut nommé commissaire de la marine dans ce port en 1716.

Reçu élève géomètre à l’Académie des sciences en février 1712, il participe à de nombreuses études rendues par des Académies ou des Sociétés et collabora à de nombreux journaux savants (il est membre de l’Académie des Sciences de Berlin). Il fut longtemps commissaire de la marine, après avoir été lié à Nicolas Malebranche. Il est l’auteur de nombreux livres de littérature, d’économie et d’histoire. Il est aussi l’auteur de très nombreux ouvrages scientifiques et historiques sur la Marine. Il meurt célibataire à Paris en 1757.

Parmi ceux-ci, un “Recueil de differens Traitez de Physique et d’Histoires Naturelles, propres à perfectionner ces deux sciences. Paris, Étienne Ganeau, 1736.”

On y trouve un Mémoire sur la pêche au saumon à Châteaulin, ville où, nous dit l’auteur, il se capture jusqu’à 4000 saumons par an dans une pêcherie spécialisée dont il nous décrit la forme et le fonctionnement.

Extrait :

Cet établissement consiste en une double rangée de pieux, qui traversent la rivière d’un côté à l’autre, & qui, étant enfonçés à refus de mouton, forment une espèce de chaussée sur laquelle on passe. Ces pieux sont mis près à près : & il y a encore de longues traverse assujetties par des boucles de fer, qui les retiennent, tant au dessus qu’au dessous de l’eau. A gauche, en montant la rivière, est un coffre en forme de grillage, & ayant quinze pieds sur chaque face. On l’a tellement ménagé que le courant de la rivière s’y porte de lui-même sans aucun effort.

Au milieu de ce coffre, & presqu’à fleur d’eau, se voit un trou de dix-huit à vingt pouces de diamètre environné de lames de fer un peu recourbées, qui ont la figure de triangles isocèles, & qui s”ouvrent et se ferment facilement.

Le Saumon, conduit par le courant vers le coffre, y entre sans peine, en écartant les lames de fer blanc qui se trouve sur la route, & dont les bases bordent le trou. Ces lames se rapprochent les unes des autres, forment un cône, & elles s’ouvrent jusqu’à devenir un cylindre.

Au sortir du coffre le saumon entre dans un réservoir, d’où les pêcheurs le retire par le moyen d’un filet attaché au bout d’une perche. Leur adresse est en cela si grande, qu’ils ne manquent point de retirer aussitôt celui qu’ils choisissent de l’oeil. J’en ai moi-même été souvent témoin.

Le texte parle aussi du rouissage du lin qui chasse les poissons de la rivière dès que le temps est venu de le pratiquer. A remarquer que l’auteur ne signale pas de saumons hors de l’Aulne, ce que contesteront certainement les pêcheurs de l’autre rivière à saumons : l’Elorn.

Par ailleurs son texte est un excellent document sur la pêche en mer à la même époque.

Pour l’ensemble du texte, voir : table des matières, page 161

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