Décharge de Kergreis. Encore un coup de “génie écologique” à Landerneau.

commentaires Commentaires fermés sur Décharge de Kergreis. Encore un coup de “génie écologique” à Landerneau.
Par , 24 mars 2016 10 h 43 min

“Opération de génie écologique combinant les réhabilitations du bassin d’initiation du canoë-kayak et de l’ancienne décharge de kergreis huella à Landerneau.”

Tel était le libellé de l’appel d’offre émis par la ville de Landerneau en avril 2015.

Il est vrai que la base de canoë-kayak avait besoin d’un coupe de jeune. Bientôt les saules allaient pouvoir y prendre racine.

décharge.00
photo Ouest-France.

Un coup d’oeil sur l’appel d’offre :

décharge.05

“Objet du marché : opération de génie écologique combinant les réhabilitations du bassin d’initiation du Canoë-Kayak et de l’ancienne décharge de Kergreis Huella . Lieu d’exécution et de livraison : landerneau, 29800 Landerneau. Caractéristiques principales : la consultation concerne les prestations de nettoyage et de curage du bassin d’initiation du club de Canoë-Kayak à la Garenne (accès par la rue des Ecossais). Les boues extraites du bassin seront valorisées pour reconstituer le sol de l’ancienne décharge de matériaux inertes de Kergreis Huella. Le site sera ensuite réaménagé en parc paysager”

Réhabilitation du bassin d’initiation du Canoë-Kayak ?

Qui se souvient d’avoir vu publier l’annonce d’une une enquête publique concernant cette opération ? Elle est pourtant nécessaire “pour une modification du niveau ou du mode d’écoulement des eaux ou des déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques, même non polluants”. (voir l’article 10 de la loi numéro 92-3 du 3 janvier 1992 ) et devrait au minimum comporter une analyse des sédiments et une étude sur leur devenir. (voir pour exemple l’enquête publique Pour le Plan de Gestion Pluriannuel des Opérations de Dragage (PGPOD) de l’entité dite « CANAL DE L’OURCQ)

Réhabilitation de l’ancienne décharge de Kergreis Huella ?

Notons d’abord qu’officiellement il n’existe pas d’ancienne décharge à Kergreis. C’est de façon tout à fait illégale que les services municipaux déposent sur ce terrain proche d’un ruisseau tout ce qui les encombre. Mais à supposer que “réhabilitation d’une décharge” il y aurait lieu, là aussi il faudrait une enquête publique. Surtout si on doit y épandre des boues de dragage.

Le “génie écologique landernéen” en action !
Cliquer sur les images pour agrandir.
décharge.02
Un grand trou dans la vieille décharge et on n’en parle plus !

décharge.03
Après le “Parc urbain”, coup d’oeil sur le futur “Parc paysager” de Kergreis.

décharge.04

décharge.01
Au fait, c’est cela “l’agenda 21” à Landerneau ?

kergreis.01


Voir sur Ouest-France.

kergreis.02

Les boues enlevées du bassin de kayak de la Garenne sont déposées dans une zone classée naturelle, à proximité de la cité Du Guesclin.

Depuis toujours, Dynamique d’avenir se bat pour que la « décharge », située juste derrière la cité Du Guesclin, à l’orée du bois du Tourous, disparaisse. « Depuis plus de vingt ans, la municipalité déposait des gravats dans ce terrain au milieu du bois », explique Christophe Winckler, membre de Dynamique d’avenir et ancien élu de l’opposition de Landerneau.

« Dans le PLU de 2007, ce terrain était classé en zone naturelle pouvant accueillir des gravats. » Or, le PLU a été modifié lors du premier mandat de Patrick Leclerc. « Fin 2012, la transformation de ce terrain en zone naturelle sans autorisation de dépôt a été votée par le conseil municipal. Seuls des aires de stationnement, un chemin piétonnier, des travaux d’enfouissement de réseaux ou encore un équipement public indispensable peuvent être faits… Je ne pense pas que cela soit le cas », ironise Christophe Winckler.

Retour à la nature

Alors comment expliquer que les 2 000 m3 de boues extraites de la base de kayak se retrouvent dans ce même terrain ? « Non seulement, c’est une aberration, mais en plus c’est totalement illégal, s’agace Tiphaine Leteuré, présidente de Dynamique d’avenir. Dans ce terrain, la Ville avait planté une centaine d’arbres, aux frais des concitoyens, pour redonner à cet endroit son aspect d’origine. Je rappelle que nous sommes dans le bois de Tourous et à 150 m à vol d’oiseaux des immeubles de la cité Du Guesclin. »

Mais Pascal Schroër, directeur des services techniques de Landerneau, veut calmer les esprits. « Les boues qui sont déposées vont sécher, perdre de leur volume. Au regard de leur composition organique, elles amélioreront la qualité du sol et le rendront plus fertile. » Ce site « à vocation à retourner à la nature », confirme le maire.

Autre point noir soulevé par Dynamique d’avenir : sa proximité avec le ruisseau du Tourous. « Nous avons constaté que l’eau est marron. Il est clair que cela vient du bassin de stockage des boues. »

Là-dessus, le maire Patrick Leclerc rappelle que « le curage de la base de kayak a été fait dans les règles au regard de la police de l’eau avec la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Aucune pollution n’a été décelée ».

Manque de sécurité

Pas question donc de pollution majeure, même si la couleur du ruisseau, qui se déverse ensuite dans l’Élorn, n’est pas très rassurante. « Nous irons voir, même s’il n’y a aucun danger, d’où peut venir l’écoulement, si écoulement il y a », informe Patrick Leclerc.

Enfin, dernière inquiétude et pas des moindres. « Le manque de sécurité autour de ce bassin de boues est flagrant ! » Seule une petite barrière, facilement contournable, quelques pierres et un talus protègent ce bassin d’1,50m de profondeur. « N’importe quel gamin qui joue dans le bois peut se retrouver ici. Le pire pourrait arriver », dénonce Christophe Winckler. La Ville, consciente du danger, a prévu le renforcement de la clôture dès ce matin.

Alerte aux particules fines. La Bretagne voit rouge.

commentaires Commentaires fermés sur Alerte aux particules fines. La Bretagne voit rouge.
Par , 15 mars 2016 14 h 22 min

La Bretagne connaît un nouvel épisode de pollution de l’air aux particules fines. Ce lundi, le Finistère et le Morbihan ont vu orange ; les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine, rouge. Ce mardi, toute la Bretagne va basculer en alerte rouge. Des mesures anti-pollution vont être mises en place.

Le Télégramme

qualite-de-l-air_2804084_660x377p

La procédure d’information et de recommandation, déclenchée pour protéger les personnes les plus vulnérables face à la pollution, a été déclenchée ce lundi dans le Finistère et le Morbihan. Alors que dans les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine, c’est le seuil d’alerte qui a été franchi. C’est ce que nous indique Air Breizh.

Ce mardi, l’ensemble de la Bretagne doit s’attendre à un dépassement du seuil d’alerte aux particules fines (PM10). Les préfectures du Morbihan, du Finistère et des Côtes-d’Armor ont pris des mesures pour limiter la pollution de l’air.

capture-d-ecran-air-breizh_2804081_660x286p-d185e

Déclenchement de mesures anti-pollution

Dans le Morbihan :

– Interdiction des brûlages à l’air libre ;
– Limitation de la vitesse à 90 km/h sur les routes limitées normalement à 110 km/h ;
– Application des mesures prévues par les collectivités (gratuité ou baisse des tarifs des transports publics) ;
– Application des plans de déplacement des entreprises et des administrations.

Dans le Finistère :

– Interdiction des brûlages à l’air libre.

Dans les Côtes-d’Armor :

– Interdiction des brûlages à l’air libre ;
– Limitation de la vitesse à 90 km/h sur les routes limitées normalement à 110 km/h (des contrôles de vitesse et des contrôles anti-pollution seront mis en place) ;
– Application des mesures prévues par les collectivités ;
– Application des plans de déplacement des entreprises et des administrations.

Conditions météo favorables

Cette pollution est liée à la fois à certaines émissions dans l’air (le trafic routier, le chauffage et, parfois, l’agriculture) et aux conditions météo actuelles (conditions anticycloniques et températures basses) qui ne favorisent pas la dispersion des polluants.

Cet épisode pourrait entraîner l’apparition ou l’aggravation de divers symptômes (allergies, asthme, irritation des voies respiratoires, effets cardio-pulmonaires…), notamment chez les personnes les plus vulnérables et les personnes se reconnaissant comme sensibles aux pics de pollution.
Pollution de l’air.

__________________________________________________________________________________________________________________________________________________

3 jours d’alerte à Rennes et en Ille-et-Vilaine

Ouest-France

pollution-de-lair.3-jours-dalerte-rennes-et-en-ille-et-vilaine

A quand la généralisation de ces portiques sur l’ensemble de la RN12 et en particulier à Landivisiau ?

La préfecture a déclenché la procédure d’alerte en raison de la pollution de l’air, qui persiste à Rennes et en Ille-et-Vilaine. Jusqu’à jeudi inclus.

La pollution de l’air se poursuit à Rennes et en Ille-et-Vilaine. L’épisode qui a débuté vendredi 11 mars devrait se prolonger une bonne partie de la semaine.

72 heures d’alerte

Compte tenu d’une forte concentration de particules fines dans l’air, la préfecture a décidé d’activer la procédure d’alerte, à partir de ce mardi 15 mars, à 0 h, et jusqu’au jeudi 17 mars, à minuit, soit pendant 72 heures.

Vitesse limitée

Pendant ces trois jours, la vitesse maximale sera limitée à 90 km/h au lieu de 110 et à 110 km/h au lieu de 130 et des contrôles de vitesse et anti-pollution seront réalisés.

« Tout brûlage à l’air libre est interdit », précise la préfecture, qui a inclus dans son arrêté des mesures pour le secteur agricole et industriel.

Les recommandations de la préfecture

Il est recommandé à toute la population de réduire les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions) et, en cas de gêne respiratoire ou cardiaque (par exemple essoufflements, sifflements, palpitations…), de prendre conseil auprès de son pharmacien ou de consulter son médecin.

Il est recommandé aux personnes vulnérables (femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes asthmatiques, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires…) ou sensibles :

– d’éviter les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe, de reporter les activités qui demandent le plus d’efforts

– de reporter les activités qui demandent le plus d’efforts, en particulier les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions), autant en plein air qu’à l’intérieur

En cas de gêne respiratoire ou cardiaque (essoufflement, sifflements, palpitations) :

– de prendre conseil auprès de son pharmacien ou de consulter son médecin notamment pour savoir si son traitement médical doit être adapté

– de privilégier des sorties brèves et demandant le moins d’effort

Covoiturage, télétravail

Plus généralement, la préfecture demande à chacun de maîtriser la température de son logement, de modérer sa vitesse sur la route, et de privilégier les transports en commun ou le covoiturage. Le recours au télétravail est également recommandé.
Rubriques

Forte mobilisation contre Notre-Dame-des-Landes.

commentaires Commentaires fermés sur Forte mobilisation contre Notre-Dame-des-Landes.
Par , 29 février 2016 13 h 07 min

NDDL Landerneau. 03

Voir le communiqué de eelv Landerneau.

NNDL-28fevrier2016

FRANCE-AIRPORT-DEMO-ENVIRONMENT

http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/27/notre-dame-des-landes-manifestation-aeroport-opposants-site-projet-zad-nantes_n_9334044.html

Turbines à gaz de Dirinon et Brennilis. Non à la fermeture.

commentaires Commentaires fermés sur Turbines à gaz de Dirinon et Brennilis. Non à la fermeture.
Par , 19 février 2016 7 h 52 min

Hier, une cinquantaine de salariés des industries électriques et gazières s’est réunie sur le site de la centrale thermique EDF de Dirinon. Ils réclament le maintien en activité de ces turbines à combustion que la construction de la centrale de Landivisiau pourrait bientôt condamner.

LAN_TURBINES-2.JPG_h.corre

La Bretagne compte deux centrales EDF à turbines à combustion. L’une est située à Brennilis, l’autre, sur la zone de Lannuzel, à Dirinon. « Chacune d’elles emploie une dizaine de salariés. Mais si l’on veut vraiment avoir une vision de l’activité induite, il convient aussi de prendre en considération la sous-traitance : les chaudronniers, plombiers, électriciens, personnels de surveillance et autres qui interviennent ponctuellement sur ces centrales. À chaque fois, cela représente entre 30 et 50 personnes », assure d’emblée Johan Laurent, délégué CGT.

Des outils bientôt caducs ?

Les turbines de Dirinon, comme celles de Brennilis, sont un système d’appoint qui vient en renfort, lorsque le réseau électrique classique est en panne ou ne peut subvenir à la demande. Oui, mais voilà. Le projet de centrale à gaz à cycle combiné de Landivisiau pourrait bientôt rendre ces outils caducs ou du moins précipiter l’arrêt de leur activité. Car si la centrale de Landivisiau apparaît bien dans le pacte énergétique breton, ce n’est pas le cas de celles de Dirinon et Brennilis. Pour Johan Laurent, la construction de la première signifierait la fermeture des deux autres. « Le chantier de Landivisiau a pris du retard.

Mais on peut imaginer sa mise en service en 2021. Nous craignons que Brennilis et Dirinon disparaissent alors de la carte », poursuit le délégué syndical.

Avec le collectif Gaspare

Ce dernier fait aussi remarquer que l’outil landivisien, appelé à fonctionner 20 heures par jour, ne peut plus être considéré comme un équipement d’appoint. À titre de comparaison, la centrale de Dirinon, ce ne sont seulement qu’une dizaine d’heures de fonctionnement par mois.

Les salariés, rejoints hier par des membres du collectif Gaspare, rejettent bien évidemment le projet landivisien. « Il faut aussi rappeler que les fonds publics mobilisés pour l’investissement dépasseront 150 M€, auxquels s’ajoutera une prime annuelle de 40 M€ versée à l’exploitant (Direct Énergie) pendant 20 ans », rappelle aussi Johan Laurent.

Une économie à réaliser

Pour ce dernier comme pour beaucoup des manifestants du jour, une autre solution existe. Il s’agirait d’engager la rénovation des turbines à combustion de Dirinon et Brennilis, afin que ces dernières répondent aux nouvelles normes en termes d’émission de CO2. Un investissement que Johan Laurent évalue aux alentours de 160 M€, une somme aussi synonyme, pour le délégué syndical, d’une belle économie.

Le Télégramme

__________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Manifestation pour le maintien des centrales de Brennilis et Dirinon.

commentaires Commentaires fermés sur Manifestation pour le maintien des centrales de Brennilis et Dirinon.
Par , 18 février 2016 23 h 53 min

photo dirinon

Ce jeudi après-midi, une cinquantaine de salariés des industries électriques et gazières s’est réunie sur le site de la centrale thermique EDF de Dirinon (29).

La Bretagne compte deux centrales EDF à turbines à combustion. L’une est située à Brennilis (29), l’autre, donc, sur la zone de Lannuzel, à Dirinon.

Ces deux outils représentent des systèmes d’appoint qui viennent en renfort lorsque le réseau électrique classique est en panne ou ne peut subvenir à la demande. Oui mais voilà. Le projet de centrale à gaz à cycle combiné de Landivisiau pourrait bientôt rendre ces outils caducs ou, du moins, précipiter l’arrêt de leur activité. C’est ce que craignent les manifestants du jour qui rejettent le projet landivisien et militent, en revanche, pour la rénovation des centrales de Brennilis et Dirinon.

Le télégramme

Valls et NDDL : procéder aux évacuations avant octobre.

commentaires Commentaires fermés sur Valls et NDDL : procéder aux évacuations avant octobre.
Par , 18 février 2016 12 h 50 min

Questions au gouvernement 17 février 2016.

M. Guillaume Chevrollier. Monsieur le Premier ministre, le remaniement ministériel a des conséquences inattendues. La tentative de refonte de votre majorité se paie au prix fort pour l’Ouest de la France. Alors que cette grande région agricole souffre déjà, la voilà impactée par l’incapacité du Président de la République à prendre une décision. Je veux parler, bien sûr, de l’annonce du référendum sur Notre-Dame-des-Landes. (« Ah ! » sur les bancs du groupe Les Républicains.) Comment concilier un ex-Premier ministre, devenu ministre des affaires étrangères, grand défenseur de ce projet, avec des écologistes divisés sur quantité de sujets, sauf celui de Notre-Dame-des-Landes ?

M. Bernard Accoyer. Marchandage scandaleux !

M. Guillaume Chevrollier. La défausse trouvée par le Président de la République pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. C’est un déni de démocratie. Ce référendum est malvenu alors que les urnes viennent, à plusieurs reprises, et encore dernièrement aux élections régionales, de porter des équipes favorables à ce projet.

M. Bernard Accoyer
. Que fait-on de l’intérêt général ?

M. Guillaume Chevrollier. Quelle est sa base juridique ? Qui peut l’organiser ? Qui peut voter ? Le seul département de la Loire-Atlantique ? Sûrement pas alors que plusieurs départements sont concernés et financent cet aéroport. Le futur résultat de ce référendum est déjà contesté par les organisations écologistes et les zadistes qui annoncent d’ores et déjà qu’ils ne le reconnaîtront pas.
Ce référendum montre une nouvelle fois l’incapacité de ce Gouvernement à prendre des mesures courageuses. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Les Républicains.) N’aurait-il qu’un objectif ? Retarder la décision, jouer la durée avant une année électorale. (« Bien sûr ! » sur les mêmes bancs.) Après l’alibi des décisions de justice, voilà qu’on se retranche derrière un référendum. L’autorité de l’État est à nouveau bafouée. (« Très juste ! » sur les mêmes bancs.)

Monsieur le Premier ministre, je viens donc vous demander de faire cesser cette mascarade, de faire appliquer la loi, de respecter la justice qui, par cent cinquante-cinq décisions, autorise la lancée des travaux de cet aéroport du Grand Ouest. (Applaudissements sur les bancs du groupe Les Républicains et du groupe de l’Union des démocrates et indépendants.)

M. Yves Censi. Qui va répondre ? Un ministre pour ou un ministre contre le projet ?

M. Manuel Valls, Premier ministre. Vous le savez, monsieur le député, j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer devant la représentation nationale à propos du dossier et du projet de Notre-Dame-des-Landes. Je vous le confirme : je ne change pas, nous ne changeons pas de position. Oui, je le répète, le projet de transfert de l’aéroport de Nantes sur le site de Notre-Dame-des-Landes est un projet important pour le développement économique et urbain de ce territoire, ainsi que pour la réduction des nuisances subies par les habitants de la métropole de Nantes et pour la préservation de l’environnement.

M. Bernard Accoyer. Est-ce aussi l’avis de Mme Cosse ?

M. Manuel Valls, Premier ministre. Je rappelle que le projet a été déclaré d’utilité publique en 2008. (Applaudissements sur les bancs du groupe Les Républicains.) En juillet dernier, le tribunal administratif de Nantes a rejeté l’ensemble des recours déposés contre les arrêtés préfectoraux qui autorisaient le lancement des travaux. Ce projet, vous l’avez rappelé, est soutenu par l’ensemble des collectivités locales concernées.

M. Bernard Accoyer. Alors, où est le problème ?

M. Manuel Valls, Premier ministre
. Nous savons, vous et moi, comme les élus du territoire, qu’il faudra, au début des travaux au mois d’octobre prochain, procéder aux évacuations qui s’imposent parce que sinon, il n’y aura pas de projet. Telle est la réalité. (« Il faut évacuer les zadistes ! » sur plusieurs bancs du groupe Les Républicains.)

M. Christian Jacob. Force à la loi !

M. le président. Écoutez la réponse.

M. Manuel Valls, Premier ministre. Personne ne veut ou ne peut perdre de temps sur ce dossier. Cependant, je crois, en toute lucidité et en toute responsabilité, parce que je sais, et le ministre de l’intérieur le sait aussi bien que moi, que l’évacuation de la ZAD…

M. Bernard Accoyer. C’est quoi une ZAD en République ?

M. le président. S’il vous plaît, monsieur le président Accoyer.

M. Manuel Valls, Premier ministre. Je sais que l’évacuation de ce territoire, occupé par un certain nombre de personnes (Exclamations sur les bancs du groupe Les Républicains) qui s’opposeront de toute façon à toute initiative du Gouvernement ou d’élus et à tout acte démocratique, sera difficile. (Vives exclamations sur les bancs du groupe Les Républicains.)
Nous savons que cette évacuation, et c’est la responsabilité du Gouvernement de l’intégrer, se passera dans des conditions difficiles. (Mêmes mouvements sur les mêmes bancs.)

M. Christian Jacob. Et alors ?

M. Manuel Valls, Premier ministre. C’est pour cela qu’avec le Président de la République, nous avons considéré qu’il fallait donner une légitimité supplémentaire à ce dossier. (Exclamations persistantes sur les mêmes bancs.)

M. Christian Jacob. Il s’agit tout de même de voyous !

M. Manuel Valls, Premier ministre. Et chacun sera placé devant ses responsabilités. C’est pour cela, que nous nous donnons quelques semaines, un mois au plus, avec la ministre chargée de l’écologie.

Mme Claude Greff. Et on recommence !

M. Manuel Valls, Premier ministre. Les consultations nécessaires auront lieu sur la question qui sera posée, sur le périmètre de la consultation et sur les modalités.

Un député du groupe Les Républicains. Qui va voter ?

M. Manuel Valls, Premier ministre
. Car personne n’ignore, cela a été rappelé depuis jeudi dernier, l’existence d’une série de problématiques juridiques liées à l’organisation d’un référendum. Mais cette consultation aura lieu et aura force de loi d’une certaine manière, au-delà de la loi et de l’avis des élus.(Vives protestations sur les bancs du groupe Les Républicains.)

Mme Catherine Vautrin et M. Bernard Accoyer. Non !

M. Guy Geoffroy. Il ne manquerait plus que ça !

M. Manuel Valls, Premier ministre. Mesdames, messieurs les députés, et je vous livre là un commentaire plus personnel, dans la situation que nous connaissons…(Exclamations sur les bancs du groupe Les Républicains)

M. le président. Je vous en prie, chers collègues.

M. Manuel Valls, Premier ministre
. J’irai jusqu’au bout, car, pardon de vous le dire, ces interruptions, ces appels à la démission, ces comportements vont exactement à l’encontre de ce que les Français attendent de la représentation nationale ou de responsables politiques. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen.) Consulter les citoyens sur ce sujet-là avant l’été s’impose : cela donnera la force nécessaire au projet. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen – Vives protestations sur les bancs du groupe Les Républicains.)

M. Philippe Cochet. Zéro pointé !

Panorama Theme by Themocracy