{"id":2690,"date":"2017-12-30T11:40:07","date_gmt":"2017-12-30T09:40:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.landerneau-ecologie.org\/?p=2690"},"modified":"2017-12-30T11:40:07","modified_gmt":"2017-12-30T09:40:07","slug":"histoire-de-lenseignement-mutuel-a-landerneau","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.landerneau-ecologie.org\/?p=2690","title":{"rendered":"Histoire de l&#8217;enseignement mutuel \u00e0 Landerneau."},"content":{"rendered":"<p>Le texte ci-dessous est extrait de <a href=\"https:\/\/tel.archives-ouvertes.fr\/tel-00294697\/document\"><strong>la th\u00e8se de Michel Chalopin sur  L\u2019enseignement mutuel en Bretagne de 1815 \u00e0 1850<\/strong><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.landerneau-ecologie.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/01-024336.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.landerneau-ecologie.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/01-024336.jpg?resize=650%2C450\" alt=\"01-024336\" width=\"650\" height=\"450\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2691\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s locales Reflets plus ou moins fid\u00e8les de la Soci\u00e9t\u00e9 de Paris, les soci\u00e9t\u00e9s locales ont jou\u00e9 un r\u00f4le in\u00e9dit dans la propagation de l\u2019enseignement mutuel. Bien que leur cr\u00e9ation ait \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9e par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur qui y voyait un moyen de pallier les difficult\u00e9s financi\u00e8res ou l\u2019hostilit\u00e9 des municipalit\u00e9s, celles-ci ont surtout \u00e9t\u00e9 l\u2019\u0153uvre de notables convaincus de l\u2019importance de l\u2019instruction du peuple et agissant de leur propre chef. Ce qui les caract\u00e9rise, c\u2019est qu\u2019elles financent, au moins en partie, une \u00e9cole mutuelle. Elles d\u00e9tiennent \u00e9galement un r\u00f4le d\u2019administration et de surveillance. Ce dernier aspect les mettra quelquefois en conflit avec les autorit\u00e9s locales ou universitaires. En Bretagne, on compte seulement quatre de ces soci\u00e9t\u00e9s, \u00e0 Nantes, Landerneau, Saint-Brieuc et Guingamp. Cependant, cette derni\u00e8re ne sera pas \u00e9tudi\u00e9e car les documents sont trop lacunaires et ne permettent pas une comparaison avec les autres.<\/p>\n<p><strong>A Landerneau, l\u2019\u00e9cole des industriels.<\/strong><\/p>\n<p>La premi\u00e8re \u00e9vocation d\u2019une \u00e9cole mutuelle \u00e0 Landerneau a lieu au sein du comit\u00e9 cantonal que l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie, Delamarre, r\u00e9unit lors de sa tourn\u00e9e de l\u2019\u00e9t\u00e9 1817. Nul doute que la proposition d\u2019\u00e9tablir une telle \u00e9cole est venue de ce fonctionnaire car partout o\u00f9 il passe, il n\u2019a de cesse de pr\u00eacher en faveur de la nouvelle m\u00e9thode. Les membres du comit\u00e9, tout en accueillant favorablement le projet, le reportent cependant \u00e0 des jours plus propices.<\/p>\n<p><strong>Le projet g\u00e9n\u00e9reux d\u2019un ing\u00e9nieur des Ponts-et-Chauss\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Pourtant, quelques mois plus tard, l\u2019id\u00e9e d\u2019introduire l\u2019enseignement mutuel \u00e0 Landerneau commence \u00e0 prendre forme gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019action de Jean-S\u00e9bastien Goury, notable important appartenant \u00e0 une riche famille de Landerneau. Celui-ci m\u00e8ne alors une brillante carri\u00e8re dans l\u2019administration des Ponts-et-Chauss\u00e9es apr\u00e8s avoir fait ses \u00e9tudes \u00e0 Paris en 1796, essentiellement \u00e0 l\u2019Ecole Polytechnique. Revenu dans son Finist\u00e8re natal en 1801 en tant qu\u2019ing\u00e9nieur, il y exerce jusqu\u2019en 1818, p\u00e9riode \u00e0 laquelle il est mut\u00e9 dans les Vosges, puis dans d\u2019autres d\u00e9partements. Il faut attendre 1834 pour voir son retour au pays breton, cette fois avec le titre de directeur. Il finira sa carri\u00e8re apr\u00e8s avoir atteint, en 1840, le grade d\u2019inspecteur g\u00e9n\u00e9ral. Parall\u00e8lement \u00e0 sa carri\u00e8re administrative, il s\u2019occupe \u00e9galement de politique et devient d\u00e9put\u00e9 en 1839 pour l\u2019arrondissement de Ch\u00e2teaulin (Finist\u00e8re). A la Chambre, il si\u00e8ge parmi les minist\u00e9riels jusqu\u2019en 1848, date \u00e0 laquelle il se retire des affaires publiques.<\/p>\n<p>Quand Jean-S\u00e9bastien Goury intervient aupr\u00e8s du maire de Landerneau au sujet de l\u2019\u00e9cole mutuelle, il semble agir \u00e0 la demande du pr\u00e9fet mais ses initiatives d\u00e9passent celles d\u2019un simple \u00e9missaire, d\u00e9voilant plut\u00f4t l\u2019action d\u2019un v\u00e9ritable partisan de ce nouveau syst\u00e8me d\u2019enseignement. Ainsi, l\u2019ing\u00e9nieur \u00e9chafaude un plan qui ne manque ni de r\u00e9alisme, ni d\u2019originalit\u00e9. Tout d\u2019abord, il n\u2019attend rien du comit\u00e9 cantonal d\u2019instruction primaire dont les membres, \u00e0 ses yeux, sont peu pr\u00e9occup\u00e9s des affaires pour lesquelles on les a d\u00e9sign\u00e9s. Il d\u00e9sire ensuite que l\u2019\u00e9cole mutuelle soit administr\u00e9e par des souscripteurs, ind\u00e9pendamment de la commune. Le principe est que les parents riches paient des r\u00e9tributions suffisamment \u00e9lev\u00e9es pour pouvoir r\u00e9mun\u00e9rer un ma\u00eetre et instruire gratuitement une certaine proportion d\u2019enfants pauvres. Il pense convaincre facilement les familles ais\u00e9es car les tarifs qu\u2019il propose sont concurrentiels par rapport \u00e0 ce qui existe. Il d\u00e9clare \u00e0 ce propos : \u00ab On paye aujourd\u2019hui en se fournissant plumes, encre et papier, un \u00e9cu pour aller perdre son temps et ne rien apprendre en deux ou trois ans, on payera avec plaisir 4 francs pour apprendre \u00e0 lire et \u00e0 bien \u00e9crire en moins d\u2019un an. \u00bb Il a d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 sond\u00e9 \u00e0 ce sujet la plupart des notables de Landerneau dont une douzaine au moins sont pr\u00eats \u00e0 envoyer leurs enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole mutuelle.<\/p>\n<p>Cependant, les \u00e9coliers recrut\u00e9s ne sont pas assez nombreux pour, \u00e0 la fois, garantir un traitement d\u00e9cent au ma\u00eetre et pourvoir aux frais de fonctionnement de l\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette difficult\u00e9 Goury, d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s inventif, propose d\u2019instruire les filles et les gar\u00e7ons dans le m\u00eame local par le m\u00eame ma\u00eetre mais \u00e0 des heures diff\u00e9rentes. Le clerg\u00e9 local va alors s\u2019emparer de cette \u00ab bizarrerie \u00bb pour tuer dans l\u2019\u0153uf un projet qu\u2019il voit d\u2019un tr\u00e8s mauvais \u0153il. Les eccl\u00e9siastiques, loin de se contenter des accords de principe de leur \u00e9v\u00eaque vis-\u00e0-vis de l\u2019enseignement mutuel, paraissent accorder davantage de confiance aux propos diffus\u00e9s par l\u2019Ami de la religion et du roi, v\u00e9ritable arme de propagande cl\u00e9ricale qui se d\u00e9cha\u00eene contre la nouvelle m\u00e9thode.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la m\u00e9fiance des pr\u00eatres, Goury est oblig\u00e9 d\u2019user de diplomatie pour faire admettre une id\u00e9e \u00e0 laquelle il croit profond\u00e9ment. On le voit ainsi, arm\u00e9 des tableaux de lecture de l\u2019enseignement mutuel, essayer de convaincre les membres du comit\u00e9 cantonal, compos\u00e9, entre autres, du cur\u00e9 qui en est le pr\u00e9sident et d\u2019un autre eccl\u00e9siastique, l\u2019abb\u00e9 Vistorte, aum\u00f4nier des calvairiennes. Il explique au pr\u00e9fet les stratag\u00e8mes utilis\u00e9s dans cette diplomatie un peu particuli\u00e8re : \u00ab J\u2019ai mis en jeu toute ma rh\u00e9torique ; j\u2019ai pris des d\u00e9tours sans nombre pour arriver \u00e0 mon but ; j\u2019ai flatt\u00e9, j\u2019ai eu l\u2019air d\u2019approuver sa sainte fureur ; j\u2019ai m\u00eame repr\u00e9sent\u00e9 au cur\u00e9 que c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre une raison pour faire bonne contenance et pour s\u2019emparer en quelque sorte de l\u2019\u00e9tablissement afin de le diriger d\u2019une mani\u00e8re utile aux int\u00e9r\u00eats de la religion ; je lui ai propos\u00e9 de mettre \u00e0 la t\u00eate comme professeur un des vicaires ; (je savais que la chose \u00e9tait impossible). Profitant du regard favorable que m\u2019a valu cette proposition, je suis parvenu \u00e0 me faire \u00e9couter et \u00e0 \u00e9branler un peu le parti de l\u2019opposition. J\u2019ai d\u00e9roul\u00e9 les tableaux, j\u2019ai donn\u00e9 des d\u00e9tails sur la m\u00e9thode, sur les travaux des enfants et nous avons fini par ne faire plus que six t\u00eates dans un bonnet. \u00bb<\/p>\n<p>Les pr\u00eatres sont-ils vraiment convaincus ? Quoi qu\u2019il en soit, ils d\u00e9cident d\u2019\u00e9crire, en l\u2019absence de l\u2019\u00e9v\u00eaque, au vicaire g\u00e9n\u00e9ral du dioc\u00e8se, l\u2019abb\u00e9 Tromelin, pour conna\u00eetre son avis sur l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019une \u00e9cole mutuelle \u00e0 Landerneau. L\u2019opinion d\u00e9j\u00e0 connue du pr\u00e9lat, favorable envers ces \u00e9coles, ne leur suffit-elle pas ? Ont-ils voulu court-circuiter la volont\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00eaque en n\u2019attendant pas son retour et en s\u2019adressant \u00e0 son grand vicaire qui, esp\u00e9raient-ils, avait peut-\u00eatre un autre avis sur la question ? C\u2019est possible. En tout cas, Goury, comprenant sans doute la man\u0153uvre, s\u2019empresse de recommander au pr\u00e9fet de rencontrer au plus vite cet auxiliaire de l\u2019\u00e9v\u00eaque pour l\u2019enjoindre \u00e0 donner, \u00e0 l\u2019instar de son sup\u00e9rieur, un avis favorable envers l\u2019\u00e9cole mutuelle projet\u00e9e.<\/p>\n<p>On ne conna\u00eet pas la r\u00e9ponse du vicaire g\u00e9n\u00e9ral mais l\u2019attitude des eccl\u00e9siastiques va devenir, \u00e0 partir de ce moment, plus subtile. Au lieu de s\u2019opposer \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019\u00e9cole mutuelle, ce qui serait r\u00e9cuser les accords ant\u00e9rieurs pass\u00e9s entre l\u2019\u00e9v\u00eaque et le pr\u00e9fet sur cette question, ces derniers pr\u00e9f\u00e8rent louvoyer et approuver ce genre d\u2019\u00e9tablissement, mais \u00e0 la condition qu\u2019il ne concerne que les gar\u00e7ons. En r\u00e9alit\u00e9, ils savent pertinemment que le projet n\u2019est pas viable financi\u00e8rement si les filles ne sont pas adjointes.<\/p>\n<p>Le clerg\u00e9 n\u2019est pas le seul obstacle que Jean-S\u00e9bastien Goury trouve sur sa route. Le pr\u00e9fet lui-m\u00eame, pourtant partisan de l\u2019enseignement mutuel, n\u2019approuve pas que le ma\u00eetre enseigne les petites filles. Il trouve cela inconvenant. Sans doute, anticipe-t-il \u00e9galement l\u2019opposition du clerg\u00e9 sur ce point. Le magistrat propose alors qu\u2019on renonce \u00e0 l\u2019\u00e9cole des filles. Cependant, Goury, pour des raisons financi\u00e8res qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9es, ne pouvant suivre l\u2019opinion du pr\u00e9fet, son principal associ\u00e9 dans cette affaire, a trouv\u00e9, l\u00e0 encore, une solution. Il \u00e9met l\u2019id\u00e9e d\u2019une surveillance faite par une femme pendant les heures o\u00f9 les filles seraient assembl\u00e9es sous la direction du ma\u00eetre. Le conseil municipal, consult\u00e9 sur ce projet, approuve cet arrangement.<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9fet, on ne conna\u00eet malheureusement pas son avis. Goury doit d\u2019ailleurs attendre pr\u00e8s de deux mois une r\u00e9ponse de sa part, ce qui prouve probablement son embarras. Apr\u00e8s le pr\u00e9fet, Goury doit \u00e9galement composer avec le maire et son conseil municipal sur la question de l\u2019administration de l\u2019\u00e9cole. Goury propose une soci\u00e9t\u00e9 de souscripteurs gestionnaires de l\u2019\u00e9cole. Mais ce mode d\u2019administration ne convient pas au maire qui pr\u00e9f\u00e8re voir l\u2019\u00e9tablissement entrer dans le giron communal. Ce dernier argumente sa position ainsi : \u00ab Il semble que ce plan (celui de Goury) ne s\u2019accorde pas avec l\u2019intention de Monsieur le Pr\u00e9fet, que c\u2019est, en effet, \u00e0 la commune que ce magistrat offre un secours de 400 francs pour faire face aux premiers frais, et que c\u2019est la commune qu\u2019il charge de passer bail du local qui sera choisi et de porter en cas de besoin le loyer annuel dans ses budgets. \u00bb Goury acceptant ce point de vue, le conseil municipal d\u00e9cide finalement de retoucher le r\u00e8glement que l\u2019ing\u00e9nieur avait con\u00e7u.<\/p>\n<p>Quand Goury prend connaissance des changements apport\u00e9s au r\u00e8glement, il ne peut cacher sa d\u00e9ception. Il \u00e9crit alors au pr\u00e9fet : \u00ab Je n\u2019ai parcouru que hier le projet de r\u00e8glement de la soci\u00e9t\u00e9 (\u2026) je vois avec peine que cet acte n\u2019est pas conform\u00e9 \u00e0 celui pr\u00e9sent\u00e9 et arr\u00eat\u00e9 en conseil. Celui-ci avait 38 articles, celui-l\u00e0 n\u2019en a que 15 ou 16. Dans celui qui vous a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9, M. le Maire s\u2019installe comme pr\u00e9sident de la soci\u00e9t\u00e9 et s\u2019adjoint le cur\u00e9 et le juge de paix, en transporte en un mot le comit\u00e9 cantonal. Il n\u2019a pas r\u00e9fl\u00e9chi que cette disposition \u00e9tait inconvenante et incompatible avec celles des articles 8 et 9 de l\u2019ordonnance. Ces messieurs ne peuvent \u00eatre \u00e0 la fois surveill\u00e9s et surveillants, et ne feront probablement pas partie de l\u2019association ; plusieurs articles tr\u00e8s utiles ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s et v\u00e9ritablement j\u2019ai \u00e9t\u00e9 surpris qu\u2019apr\u00e8s avoir voulu m\u2019investir d\u2019une confiance illimit\u00e9e, M. le Maire n\u2019ait pas jug\u00e9 \u00e0 propos de me consulter sur des changements aussi notables, \u00e0 un acte qui avait \u00e9t\u00e9 consenti par une association d\u2019individus sur lesquels j\u2019avais compt\u00e9 pour la r\u00e9ussite de notre projet et dont la retraite pourrait nuire. \u00bb Mais Goury ne veut pas perdre de temps en querelles inutiles et c\u2019est en homme sage qu\u2019il d\u00e9clare : \u00ab Le mieux est ennemi du bien, ayons notre \u00e9cole et laissons l\u2019amour propre se loger sur des fauteuils plus \u00e9lev\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les difficult\u00e9s survenues avec le clerg\u00e9, le pr\u00e9fet et le maire, il faut encore subir les humeurs du sous-pr\u00e9fet. Ce dernier, pour des raisons personnelles, fait valoir ses pr\u00e9f\u00e9rences quant au choix du ma\u00eetre. Il s\u2019oppose ainsi \u00e0 la nomination de Mollier \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00e9cole mutuelle, compliquant ainsi les projets de Goury. Le sous-pr\u00e9fet se plaint que cet instituteur, choisi par la municipalit\u00e9, est dur envers ses \u00e9l\u00e8ves. Les raisons avou\u00e9es du sous-pr\u00e9fet en cachent-elles d\u2019autres ? En effet, Mollier est bien connu du magistrat car il a travaill\u00e9 dans ses bureaux. N\u2019assiste-t-on pas alors \u00e0 une sorte de vengeance du sous-pr\u00e9fet envers un subalterne qui n\u2019aurait pas donn\u00e9 satisfaction ? D\u2019ailleurs, Goury s\u2019\u00e9tonne qu\u2019on d\u00e9nonce un ma\u00eetre qui non seulement a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 mais qui, en outre, para\u00eet convenir aux parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves qui fr\u00e9quentent son \u00e9cole. Il en appelle au pr\u00e9fet pour r\u00e9gler cette affaire. Toutefois, malgr\u00e9 les emb\u00fbches qui se dressent sur son chemin, Goury montre par sa t\u00e9nacit\u00e9, sa force de conviction et son esprit de conciliation qu\u2019il est un vrai philanthrope, attach\u00e9 au bien de l\u2019humanit\u00e9 plus qu\u2019au pouvoir. Il souffre de voir les enfants vagabonder dans les rues, mis\u00e9reux et sans instruction. Il pense que dans cette mis\u00e8re germe le ferment du d\u00e9sordre politique et social. Malheureusement, il n\u2019a pas le temps de voir le r\u00e9sultat de ses efforts car il est appel\u00e9 \u00e0 exercer \u00e0 l\u2019autre bout du pays, dans les Vosges.<\/p>\n<p><strong>La relance avort\u00e9e du sous-pr\u00e9fet<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9part de Jean-S\u00e9bastien Goury, le projet d\u2019\u00e9tablir une \u00e9cole mutuelle para\u00eet bel et bien enterr\u00e9. Mais 400 francs avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s pour sa r\u00e9alisation par le pr\u00e9fet \u00e0 la commune de Landerneau. Cet argent, rest\u00e9 inemploy\u00e9, embarrasse alors le maire. En r\u00e9alit\u00e9, sur cette somme, il reste 388 francs car 12 francs avaient \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s \u00e0 Goury pour l\u2019achat des tableaux. Cette fois, c\u2019est le sous-pr\u00e9fet, voulant donner suite au projet pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019ing\u00e9nieur des Ponts-et-Chauss\u00e9es, qui propose un nouveau plan de financement. Ainsi, les 388 francs, reliquat de la subvention pr\u00e9fectorale, iraient pour les frais de premier \u00e9tablissement. Le traitement de l\u2019instituteur, y compris celui de sa femme charg\u00e9e de l\u2019instruction des filles, serait de 900 francs annuels. Le sous-pr\u00e9fet sugg\u00e8re de ne payer que les premier huit mois pour commencer puisque l\u2019\u00e9cole ne pourra pas s\u2019ouvrir avant le 1er mai 1819. A cette fin, le magistrat pense utiliser l\u2019exc\u00e9dant de 438,96 francs qui se trouve au budget de la ville de Landerneau pour 1819 auquel il ajouterait une partie de la somme destin\u00e9e au secours des indigents, \u00e0 savoir 346 francs. Le sous-pr\u00e9fet fait remarquer \u00e9galement \u00e0 son sup\u00e9rieur que les pr\u00e9ventions des eccl\u00e9siastiques au sujet du m\u00e9lange des sexes ne sont plus fond\u00e9es puisque la femme du futur directeur de l\u2019\u00e9cole mutuelle se chargera de l\u2019enseignement des filles \u00e0 des heures diff\u00e9rentes de celles des gar\u00e7ons.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9fet n\u2019approuve pas le recours \u00e0 la somme destin\u00e9e au secours des indigents. Il pr\u00e9f\u00e8re compter sur les seules ressources communales et sur la r\u00e9tribution des \u00e9l\u00e8ves payants. Il est convaincu, cependant, par les arguments du sous-pr\u00e9fet de Brest en ce qui concerne l\u2019enseignement s\u00e9par\u00e9 des gar\u00e7ons et des filles. Aussi \u00e9crit-il \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque pour lever l\u2019opposition cl\u00e9ricale locale. Mais le cur\u00e9 de Landerneau et l\u2019abb\u00e9 Vistorte font de la r\u00e9sistance. Ils avancent cette fois des suppositions qui ne font que mettre en \u00e9vidence leur mauvaise foi. Ainsi, le cur\u00e9 d\u00e9clare \u00e0 son \u00e9v\u00eaque : \u00ab Les motifs de notre opposition \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une \u00e9cole mutuelle \u00e0 Landerneau sont 1\u00b0. Qu\u2019il ne serait pas possible, surtout en hiver, d\u2019emp\u00eacher la r\u00e9union simultan\u00e9e des gar\u00e7ons et des filles, ce qui nous a paru dangereux pour les m\u0153urs. 2\u00b0. Qu\u2019il n\u2019est pas question d\u2019\u00e9tablir une institutrice pour les filles, qu\u2019on d\u00e9clare m\u00eame qu\u2019il n\u2019y a point de fonds suffisants pour cela et qu\u2019en cons\u00e9quence l\u2019instituteur sera charg\u00e9 de l\u2019instruction des deux sexes, ce que toujours nous avons voulu d\u00e9fendre par les r\u00e8glements des dioc\u00e8ses. Cette \u00e9cole, d\u2019apr\u00e8s ce que l\u2019on nous a d\u00e9clar\u00e9 au comit\u00e9, ne pourrait se soutenir que par les contributions de ceux qui voudraient y envoyer leurs enfants et je suis persuad\u00e9 que la plupart des gens ais\u00e9s ne voudraient pas y envoyer les leurs, vu les inconv\u00e9nients dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9v\u00eaque, en cette affaire, tranche en faveur du cur\u00e9 de Landerneau. Il confie : \u00ab Monsieur le cur\u00e9 de Landerneau est un des pasteurs les plus respectables de mon dioc\u00e8se et aussi \u00e9loign\u00e9 de tout esprit d\u2019exag\u00e9ration qu\u2019il est rempli de z\u00e8le pour tout ce qui peut contribuer au bien de ses paroissiens. \u00bb Le pr\u00e9fet juge sans doute plus sage de se conformer \u00e0 l\u2019avis du pr\u00e9lat. Pour calmer les craintes des eccl\u00e9siastiques, il demande donc que la commune garantisse un revenu pour l\u2019institutrice. Il rappelle, en outre, que celle-ci devra \u00eatre agr\u00e9\u00e9e par le comit\u00e9 cantonal, autrement dit par le cur\u00e9 et l\u2019abb\u00e9 Vistorte. Enfin, toute possibilit\u00e9 de rencontre entre les filles et les gar\u00e7ons doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9e. Il explique : \u00ab La diff\u00e9rence des heures des le\u00e7ons pour les deux sexes doit \u00eatre assez grande, dans toutes les saisons pour qu\u2019ils ne se trouvent jamais ensemble soit \u00e0 la sortie soit \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019\u00e9cole116. \u00bb Voulant donner des gages s\u00fbrs au clerg\u00e9, le pr\u00e9fet exige que l\u2019on abandonne le projet pour les filles si toutes ces conditions ne sont pas r\u00e9unies.<\/p>\n<p>Face aux exigences pr\u00e9fectorales, relayant celles des eccl\u00e9siastiques, le conseil municipal d\u00e9plore l\u2019insuffisance de ses fonds. En outre, il n\u2019est pas pr\u00eat \u00e0 c\u00e9der, pour l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019\u00e9cole mutuelle, les sommes inutilis\u00e9es restant au budget 1819. Il pr\u00e9f\u00e8re r\u00e9server cette somme pour l\u2019entretien des pav\u00e9s, trahissant ainsi un int\u00e9r\u00eat peu soutenu pour l\u2019instruction primaire. Ainsi, le projet \u00e9tait enterr\u00e9 une deuxi\u00e8me fois.<\/p>\n<p><strong>La victoire des n\u00e9gociants<\/strong><\/p>\n<p>Finalement le troisi\u00e8me et dernier acte est jou\u00e9 par quatre n\u00e9gociants qui ont sans doute \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine du projet et dont l\u2019ing\u00e9nieur Goury, fr\u00e8re de l\u2019un d\u2019entre eux, s\u2019est fait le porte parole. Ceux-ci constatant le refus de la commune de pourvoir aux frais d\u2019\u00e9tablissement d\u2019une \u00e9cole mutuelle \u00e0 Landerneau, s\u2019engagent \u00e0 le financer moyennant le versement des secours accord\u00e9s ant\u00e9rieurement par le pr\u00e9fet. Ils sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 demander un instituteur \u00e0 l\u2019\u00e9cole mod\u00e8le de Paris, ce qui indique leur d\u00e9sapprobation vis-\u00e0-vis de Mollier, ma\u00eetre choisi par la commune pour diriger l\u2019\u00e9cole mutuelle. Ils expliquent au sous-pr\u00e9fet qu\u2019ils veulent un instituteur qui connaisse la m\u00e9thode dans toute sa puret\u00e9. Ces quatre hommes sont anim\u00e9s de sentiments philanthropiques. Ils d\u00e9clarent qu\u2019ils ont voulu jeter leur regard sur la classe laborieuse qui n\u2019a pas les moyens d\u2019assurer l\u2019instruction \u00e0 ses enfants. Ils font de cette instruction une condition essentielle de l&#8217;ordre social et politique qui doit r\u00e9gner en France. Ils s\u2019affirment ainsi en accord avec les vues de la Soci\u00e9t\u00e9 pour l\u2019Instruction \u00e9l\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>Parmi ces quatre notables, se trouvent les trois figures de proue de l\u2019industrie naissante \u00e0 Landerneau, \u00e0 savoir, Jean-Isidore Radiguet, Joseph-Marie Goury et Fran\u00e7ois Heuz\u00e9. Ceuxci formeront, en 1821, une soci\u00e9t\u00e9 ayant pour but la fabrication et le commerce de la toile de lin. Au d\u00e9but de la monarchie de Juillet, leurs ateliers emploieront 300 ouvriers, tisserands et blanchisseuses, auxquels s\u2019ajouteront les services de 200 fileuses et 25 m\u00e9tiers r\u00e9partis dans des fabriques rurales. Poursuivant avec succ\u00e8s leur entreprise, ils seront en 1845 les fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9 lini\u00e8re du Finist\u00e8re, exemple unique d\u2019industrialisation \u00e0 cette \u00e9poque dans ce d\u00e9partement.<\/p>\n<p>Le premier de ces notables, Jean-Isidore Radiguet s\u2019occupe, au d\u00e9but de la Restauration, du n\u00e9goce de la toile et des graines. Son p\u00e8re, d\u2019origine normande, avait luim\u00eame achet\u00e9 une fabrique de toile dans la r\u00e9gion122. Le deuxi\u00e8me, Joseph-Marie Goury, appartient \u00e0 une famille de Landerneau, dont la fortune est li\u00e9e, d\u2019une part, aux fonctions fiscales de son p\u00e8re sous l\u2019Ancien R\u00e9gime et, d\u2019autre part, au commerce de la toile et des vins. Ces deux hommes feront partie du conseil municipal \u00e0 la fin de la Restauration et au d\u00e9but de la monarchie de Juillet. Joseph-Marie Goury semble s\u2019\u00eatre particuli\u00e8rement engag\u00e9 dans le d\u00e9veloppement de l\u2019instruction primaire car il sera, sans discontinuit\u00e9, de 1833 \u00e0 1850, membre assidu du comit\u00e9 local form\u00e9 \u00e0 cet effet \u00e0 Landerneau. Sur le troisi\u00e8me, Fran\u00e7ois Heuz\u00e9, on a peu de renseignements. On suppose son ascension sociale plus r\u00e9cente car le sous-pr\u00e9fet de Brest a not\u00e9 en 1852 qu\u2019il \u00e9tait \u00abfils de ses \u0153uvres \u00bb. Il deviendra le premier pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 lini\u00e8re du Finist\u00e8re en 1845. Son fils, Gustave, \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole mutuelle de Landerneau, lui succ\u00e8dera. Enfin, en ce qui concerne Andrieux, le moins connu des quatre, celui-ci ne para\u00eet pas, au contraire des trois autres, avoir fait partie de la Soci\u00e9t\u00e9 lini\u00e8re. Cependant, il figure parmi les n\u00e9gociants les plus riches de Landerneau payant une patente aussi \u00e9lev\u00e9e que celle de Radiguet ou Heuz\u00e9.<\/p>\n<p>Pendant plusieurs ann\u00e9es, ces quatre hommes administrent l\u2019\u00e9cole mutuelle de Landerneau. Ils trouvent, au printemps 1820, en la personne du capitaine Tourrette, le ma\u00eetre qui dirigera leur \u00e9tablissement. Madame Tourrette enseignera les filles dans une salle s\u00e9par\u00e9e mais \u00e0 des heures identiques contrevenant ainsi aux prescriptions cl\u00e9ricales. Les notables ont voulu l\u2019enseignement pour les filles et les gar\u00e7ons. Ils l\u2019ont voulu aussi pour les riches et les pauvres. Max Radiguet, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 ses souvenirs d\u2019enfance, l\u2019affirme : \u00ab Toutes les classes de la soci\u00e9t\u00e9 fournissaient leur contingent \u00e0 l\u2019\u00e9cole mutuelle. L\u2019aristocratie, la roture, le prol\u00e9tariat de la ville y \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s presque en parties \u00e9gales, sans que les relations entre \u00e9coliers aient sensiblement accus\u00e9 ces diff\u00e9rences de niveau social.\u00bb Il ajoute cependant que les costumes trahissaient l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des conditions sociales. Il note ainsi les pantalons des paysans retenus au milieu du ventre par un large au bouton ou le plus souvent une cheville de bois et ceux des autres port\u00e9s plus haut et attach\u00e9s par une bretelle ou boutonn\u00e9s sous les bras. Il se souvient des coiffures bigarr\u00e9es : \u00ab les casquettes de loutre pel\u00e9es, les chapeaux vernis avec des cassures raccommod\u00e9es au fil blanc, les bonnets phrygiens en laine brune des campagnards et le serre-t\u00eate \u00e0 trois pi\u00e8ces du premier \u00e2ge\u00bb Enfin, au-del\u00e0 de la diversit\u00e9 des habits, il souligne ce qui diff\u00e9rencie essentiellement le pauvre du riche : \u00ab Un peu d\u2019ordre dans la tenue, du linge blanc, un coup de peigne distinguaient ceux d\u2019entre nous qui appartenaient \u00e0 la classe ais\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, si l\u2019on en croit le ma\u00eetre lui-m\u00eame, l\u2019\u00e9cole ne correspond pas \u00e0 cette vision id\u00e9alis\u00e9e du m\u00e9lange social. Ainsi, s\u2019adressant aux fondateurs, dix ans apr\u00e8s l\u2019ouverture de l\u2019\u00e9cole, celui-ci remet en cause le caract\u00e8re philanthropique de leur \u0153uvre : \u00ab La concession que vous obt\u00eentes n\u2019avait rien de moins que l\u2019int\u00e9r\u00eat particulier et non celui de la commune, les r\u00e9tributions que vous port\u00e2tes \u00e0 3 francs par \u00e9l\u00e8ve \u00e9tant trop \u00e9lev\u00e9es pour une pauvre ville comme Landerneau (&#8230;) aussi n\u2019ai-je eu depuis 10 ans que les parents des enfants un peu ais\u00e9s et tous ont pass\u00e9 sous ma direction au nombre de plus de 500 des deux sexes.\u00bb<\/p>\n<p>Le ma\u00eetre ignore-t-il l\u2019objectif de d\u00e9part qui \u00e9tait d\u2019assurer l\u2019instruction des plus pauvres par les r\u00e9tributions des plus riches ? D\u00e9sabus\u00e9 vis-\u00e0-vis des fondateurs, il force sans doute le trait. Des indigents ont s\u00fbrement fr\u00e9quent\u00e9 l\u2019\u00e9cole mutuelle mais ils n\u2019y ont jamais \u00e9t\u00e9 nombreux. D\u2019ailleurs, ayant entre 30 et 60 \u00e9l\u00e8ves, parmi lesquels une cinquantaine de payants \u00e9tait n\u00e9cessaire pour assurer les appointements du ma\u00eetre, la proportion d\u2019indigents devait \u00eatre faible. Le projet, tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 au d\u00e9part, n\u2019a jamais pu se r\u00e9aliser. Sans doute les pr\u00e9jug\u00e9s sociaux \u00e9taient plus importants que ne le laissaient para\u00eetre les propos de Max Radiguet. Les difficult\u00e9s financi\u00e8res ont d\u00fb \u00e9galement l\u2019hypoth\u00e9quer.<\/p>\n<p>Voir encore :<br \/>\n<a href=\"http:\/\/histoires-de-sciences.over-blog.fr\/2016\/02\/l-enseignement-mutuel-l-ecole-de-monsieur-toupinel.html\"><strong>L&#8217;Enseignement Mutuel \u00e0 Landerneau. L&#8217;\u00e9cole de Monsieur Toupinel de Max Radiguet.<br \/>\n<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le texte ci-dessous est extrait de la th\u00e8se de Michel Chalopin sur L\u2019enseignement mutuel en Bretagne de 1815 \u00e0 1850. Les soci\u00e9t\u00e9s locales Reflets plus ou moins fid\u00e8les de la Soci\u00e9t\u00e9 de Paris, les soci\u00e9t\u00e9s locales ont jou\u00e9 un r\u00f4le in\u00e9dit dans la propagation de l\u2019enseignement mutuel. 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